QUE MON NOM BRILLE !

Où mes myrtilles et mes orties ont-elles poussé
Et où ont-elles passé?
En quelles cueillettes et quelles assiettes?
...
Et mes mûres, mes groseilles et framboises mûries
Et morilles, mirabelles et chanterelles?
Où sont parties mes baies des bois,
Mes champignons pives et pignons, et mon sureau?
Mes purs produits qui vivent de mon terreau
Qu'aucune oseille ne paie
Sur l'ardoise des joies vécues à déguster
Mes si doux fruits de la beauté de mes forêts
Escaladant mes monts illuminés
Et tapissant, étalées, mes nombreuses ombrageuses
Elancées vallées enlacées de chênes,
Pins, épicéas de ma Terre mère:
...
Où sont, ces temps, ces dons de mes champs?
...
Où sont mes racines premières?
...
Mais où sont passées, où se sont carrées
 Mes racines entières?
...
Où ai-je donc fourré mes aipim,
Mes inhame, mon manioc,
Et mes sapotis, mangabas, fruta-paos
Et où sont-elles mes siriguelas
Et acerolas et pinhas adorées?
...
Mes saveurs à fibres
Qui vibrent en chœur assorties 
À l'époque équivoque
D'australes cultures automnales,
De mes apports d'arrivée à bon port!
...
Et mes mangues?
Quelles langues les savourent?
Les ai-je, à la bourre, oubliées à la caisse?
Ou sans bruit les a pris cet autrui sans esprit?
...
Qu'est-ce que j'ai foutu
De mes racines et fruits?
...
Et mes laitues, mes tomates et patates
Et mon maïs mes épices mon bon thym,
Romarin et mon blé, mon houblon sis au long
De mes collines à tourbières et dolines comblées?
Qui les emprunte? Quelle junte me brime?
Me les prend? Et ne les rend
Aussi sublimes!
...
Quels quidams me dament le pion,
Bouffant ainsi mes dents-de-lion?
Quels enfants de bouffons pique-niquent
De mes fraises sur ma glaise,
Mon argile ou calcaire et ma grasse molasse,
Quels indigènes ne se gênent

Et ramassent des masses
De mes narcisses et pâquerettes croquignolettes,
Et jonquilles, de mon gui si lisse et qui luit
Puis de mes boutons d'or et renoncules,
...
Lors: Qui se fait un pécule de mes monticules
De tubercules et douces pousses?

Où donc pullulent encore les dons de mes champs?
...
C'est mois après mois, le déluge de grabuge?
...
Que l'on juge de qui, si hautain, me gruge:
Ce potin de Lointain!
Déroutant mon vert printemps
Vers mon bel automnal naturel tribunal qui,
De mes racines d'origine
Et floraisons de raison
Ne se moque ni ne croque leur valeur: 
Sentence prononce:
Ose certain regain de cause!
Met à l'abri mes seuls atouts,
Mes atours de ma patrie à moi veule!
Ne m'engueule! Ne me détourne!
De mon épate rit fort! 
...
Or, dès lors je m'en prie:
Et tout ce qui tourne autour
De mon nom
Brille!


Gloire à mon miroir ondulé à reflets de pamphlets adulés, bouffant tout crus tous fans se mirant en rangs accrus mais n'admirant mes hommages à mon sillage allant à l'encontre de ce que montrent de mes racines qui les fascinent tous soumis ami(e)s ...

... Ali GNIOMINY

"Ceci n'est pas une pique"

arts

"Bon, l'on prend en chantier une douche panoramique
Et sur son métier l'on se couche avec la crique"

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