22/03/2016

ÉPÎTRE AUX VITRES ET AU FUN ÊTRE

Que se disent donc nos fenêtres épuisées, remisées

Sans pardon ; Par des pitres glacés remplacées

Pour des vitres prisées, favorisées ?

Que se crissent en douceur

Ces vieux cadres rêvasseurs

Que dévissent ladres transgresseurs

Pour magot sûr de fagots futurs ?

Quelle propension à se confier,

À défier l’incompréhension,

Ont les objets

Après leur jet ?

Que racontent donc sans honte

Nos fenêtres qui basculent

Au pendule traître et incrédule

Qui leur heure, à la pelle, leur rappelle ?

Qui sait si c’est :

 

« J’ai vu , colère, les locataires en l’enfer de l’hiver,

du fil d’air qui ne savait se taire, énervait,

filtrait sans soin du coin de mes joints,

faisait vibrer tous équilibrés verres,

j’ai vu les serres vidées ; Les orchidées mouillées

m’ont par trop chatouillée,

j’ai par trop retenu

les vents ténus ou les tonitruants

du dehors, du dedans,

j’ai tant veillé à habiller de chaleur la demeure

et l’on me jette,

projette hélas jusqu’à la casse ? »

Cruelles, cruelles sont ces truelles qui les descellent,

Brutaux, brutaux sont les marteaux quand, à l’envi,

En l’étau qui blesse: Nos fenêtres cessent, au moins,

D’être témoins de nos vies.

IMG-20160321-WA0016.jpg

Les commentaires sont fermés.