23/01/2016

L'AFFECT DU VIL ÂGE !

Dimanche passé se déroulait en une immense salle ouverte en bord d'océan, prêtée pour la circonstance par un retraité, garanti non corrompu, de la Direction de la Petrobras. Ami de longue date ressentant la même injustice et rage, face à la pourriture ayant sali cette entreprise que nous, honteux dorénavant d'avouer à l'étranger que nous sommes Suisses. Alors qu'auparavant c'était un honneur et une fierté.

Minuscule fête brésilienne, en vérité. À peine entre 150 et 200 ami(e)s et membres de la famille, buffet à n'en plus finir, musiciens professionnels, sécurité filtrant l'entrée, montagne de boissons. Et j'étais vraisemblablement le seul, exceptée une dizaine d'enfants, à ne pas toucher à l'alcool. Tout en étant réellement "pété" naturellement vers la fin. Ressentant les énergies et partageant indiscutablement la joie et l'ivresse ambiante autant que si j'avais bu. Riant, m'amusant, faisant rire et amusant au point que bien des alcoolisés pensaient que je cachais mon jeu et buvais en douce.

Alors qu'il y aura 18 ans cette année que je ne consomme plus la moindre goutte, même de bière. Sans la plus petite frustration, le moindre regret ou effort. Si ce n'est comme dernièrement, par cette chaleur effroyable, terriblement assoiffé, quasi déshydraté, alors qu'en l'endroit où nous sommes invités il n'y a plus que de l'eau du robinet, que je ne peux pas boire, sous peine de possibles graves problèmes. Et tout le monde engloutissant bières sur bières et discutant, et causant, et refaisant le monde à n'en plus finir.

Jusqu'à ce qu'enfin une brave dame me prenne en pitié et se déplace loin dans la nuit de tous les dangers pour me ramener un litre d'eau minérale et l'éternel Fanta orange dont je fais une consommation démesurée ici. Le Coca-Cola étant franchement dégueulasse, le Guarana trop sucré, etc. Pas trop le choix. Mais en de telles circonstances, où il n'y a rien de non-ennivrant, où la tentation glaciale et mousseuse est pratiquement vitale, je me fais un honneur d'y résister à n'importe quel prix. De ne pas même tremper les lèvres dans un verre de bière. J'ai bien assez, bien trop souffert de dépendance absolue à ces poisons pour préférer, s'il le faut, finir par être réhydraté dans un sinistre hôpital local, que de risquer l'enchaînement fatal. Qui repartait à fond la caisse (ô l'adéquate expression) par le passé même avec, au début, de la bière soi-disant sans alcool.

Le seul à rester sobre, et paradoxalement peut-être le plus en danger de tous pour cause de mortelle dépendance. Car également absolument le seul fumeur, allant toutes les 30 minutes tirer discrètement sur une clope vers les poubelles. C'est vraiment impressionnant, et sans doute la plus belle réussite du Brésil. Alors qu'il y a une vingtaine d'années tout le monde fumait, femmes, enfants, vieillards, partout, dans les bus, magasins, vous ne voyez plus une personne sur mille avec une cigarette à présent.

En revanche, la consommation de cannabis pur d'excellente qualité se maintient sinon augmente. Un peu moins violemment réprimée que par le passé. Voire pratiquement aussi visible qu'en Europe à certains endroits. Et alors que je consomme en Suisse quelques joints chaque jour depuis 45 ans, ici où je peux en avoir facilement du bien meilleur je n'en ai aucune envie. Question de climat. De besoin aussi de garder la tête froide en cas de danger. Il y a plus d'une semaine que je n'ai pas aspiré la moindre bouffée. Et évidemment je ne touche plus depuis des décennies à la coke ou toute autre drogue dure. Mais grille bien plus de clopes qu'à Genève, malheureusement.

Passons, passons. Ainsi, un dimanche inoubliable entre gens de niveau élevé, n'ayant occasionné, chose rarissime ici, aucune engueulée, aucune bagarre, aucun vomissement parmi la multitude.

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 Et, sur les tables, de petits drapeaux contenant des phrases bien senties, du genre de celle-ci:

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Ce qui, traduit, donne: J'ai abandonné la boisson! Seulement, je n'arrive plus à me souvenir où !

Pour ne pas changer, l'assemblée n'avait d'yeux, de félicitations et de pellicule que pour le gringo dansant ... sans sang brésilien dans les veines, mais largement aussi bien sinon mieux que la plupart des invités. Remolissant merveilleusement son rôle de Premier Homme de ces festivités !

Car: Cette menue fête dominicale était organisée en l'honneur des 50 ans (et 5 mois) d'une très très proche, depuis 34 ans. Incidemment: Mon épouse.

Depuis 5 ans que la dictature Suisse nous a forcés à venir à grands frais au Brésil pour nous marier !

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Pour la petite histoire, allant provoquer gigantesque fracas international, relatif à l'actuel fascisme helvétique au pouvoir, voici tout prochainement le premier mouvement de ce qui permettra peut-être enfin de mettre un terme, par l'opprobre planétaire, à la cacophonie politique suisse en force et vigueur.

J'ai averti les concernés en vain, durant des années, des trois cataclysmes qui leur pendaient au nez, s'ils persistaient à agir de manière foncièrement crapuleuse à mon encontre et celle de nombre de citoyens dans le même cas de figure. N'ai jusqu'alors reçu qu'indifférence et mépris, ai subi en relatif silence les désastreuses conséquences des misérables lois faites par eux et pour eux.

Ai sommé sans résultats concrets la pègre au sommet de la fraude financière, culturelle, intellectuelle et spirituelle de réparer ses affronts et escroqueries à mon encontre sans délai. Prêt, le cas échéant, à cesser de fendiller le pot de Chambres aux roses, qui salira de vérités puantes le chouia de respect dont jouissent encore à tort les responsables de gestion sociale foncièrement malhonnête.

C'en est assez. Je dévoile sous peu le premier tableau du tryptique des coulisses les plus cachées et censurées du pays de la démocratie directe, jadis exemplaire, dont la corruption gouvernementale a fait l'un des pires et plus injustes, sauvages, incontrôlés pénitenciers dorés.

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Navré pour la fin de fête précédente, suivie de pareille gueule de bois pour certains, mais voilà. Lorsqu'un régime pas même bananier détruit sa réputation et l'intégrité de bonne part de ses citoyen, en les discriminant de manière intolérable, seul un véritable Poète, politisé contre son gré, est à même de bouleverser la malfaisante routine.

Mais, pour l'heure, une minuscule fête à domicile m'attend, à peine une cinquantaine de personnes. Et demain à 05h nous repartons pour une semaine au fin fond des mangroves. Aussi, patience, tout vient à point pour qui répugne ...

Ali GNIOMINY

 

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