25/07/2015

DES GONFLÉS !

Tome I – L’ ÉCOLE À BOBOS!

 

Oh, le vilain cafteur ! Bouh que c’est pas beau ça, Ricky-langue-trop-pendue, de mettre toute la faute sur le dos de feu le regretté Michel Chevrolet, si dans l’une de ses soirées, des députés exerçant de très hautes fonctions dans le pouvoir judiciaire fumaient des joints.

Au lieu d’espionner les grandes personnes, tu ferais mieux d’apprendre ta leçon. Le plus correct et compétent magistrat n’est point un robot, observant à la perfection chacun des incalculables articles de toutes les lois, des plus fondamentales et universelles aux plus artificielles au profit de néfastes clans. L’homme public, chargé de montrer l’exemple n’est aucunement programmé à sanctionner 24h/24 toutes les insignifiantes inévitables libertés prises, par lui comme par ses collègues, quant aux hypocrisies en vogue en la matière.

Le président, le procureur, les conseillers, parlementaires, les députés et tous fonctionnaires en général, ont le droit le plus strict de laisser entendre à leur manière qu’ils ne sont pas stupidement d’accord avec tous types de répression, à douteuses justifications. En regard et comparaison des ravages incomparablement plus graves des drogues légalisées par le Pouvoir commercial.

Ne le sais-tu, Eric : Raque énormément le contribuable pour un Service public HUMAIN, où ne peuvent que se tolérer de toutes petites faiblesses et menus défauts, incertitudes, entre gens de bien fondamentalement pareils, pris entres diverses machineries, mais disposant encore de libre-choix aux limites à tester. Et de compétences indiscutables, fruits d’ouverture d’esprit. De surcroît, nous tous, fonctionnaires, bénéficions de notions de déontologie comme de principe d’opportunité, selon les circonstances, eu égard au devoir de réserve professionnelle et au secret qui y est lié, à observer de toute manière.

Ainsi, imprudemment rouler dans la farine un disparu et des très en vue magistrats peut faire dérailler le train-train politique, c’est concevable, mais à quoi bon mettre ainsi le feu aux poudres ? Que ton verre d’eau en deuil, Eric, ne saura plus éteindre.

Après tout, en dégonflant tes petits camarades, tu rends bien service à notre Société. Peut-être qu’ainsi les concernés vont enfin effectuer leur coming-out cannabique. Qui précipitera l’incontournable légalisation de l’herbe. Déjà que la plupart de ces élus a de la peine à cacher qu’elle a perdu toute illusion, dont la contaminèrent jadis les boulettes de l’opium du peuple …

Or, ce qui est fait fait effet, fessée mérite, irrite. Mais un jour ce tas offert de petitesses sera oublié ; Petit Ricky aura grandi, appris en s’approchant de la classe de celui qui lui écrit : ce que peut ou doit dire ou faire ou non l’humain fonctionnant adéquatement, pour l’évolution utile et bienfaitrice de son prochain et de sa conscience.

Il réalisera alors que son interlocuteur, doué de surprenantes mémoires visuelles, excepté des visages, connaît bien le sujet. Incidemment chargé que je suis, depuis près de trente ans, de parcourir les plus intimes données liées à des domaines très variés, concernant des dizaines de milliers de personnes, des plus célèbres aux plus anonymes.

Côtoyer certaines de celles-ci depuis des décennies, sachant d’elles ce qu’ignore même leur mère ou conjoint, connaissant parfois ce pourquoi paieraient cher des reporters, alors que par ailleurs on l’est également, contraint de s’autocensurer, est particulièrement éducatif : Quant aux Devoirs d’une fonction justement exercée. Face aux secrets, défauts, problèmes de vies privées dont jamais je ne parle, jamais je n’ai parlé et jamais je ne parlerai. Un trésor de connaissances définitivement enfoui, prêt à l’oubli. Me posant parfois de sérieux cas de conscience. Quand intervenir ou prévenir pourrait tout arranger, éviter des mises en danger à un ou des individus, mais que je reste fermement lié par mon Devoir essentiel de me taire, de ne rien faire en feignant d’ignorer la solution trouvée au vu des éléments connus, censés être ignorés de tous si ce n’est celui ou celle à qui, en confiance ils ont été révélés pour un temps défini

La gestion de sa parole, de son silence, de ses vagues allusions pouvant servir sans jamais nuire ni à leur source ni à leurs destinataires : est le plus remarquable travail du fiable, de l’honnête fonctionnaire. Tâche ardue qui, à elle seule, mérite mille fois plus que tout dirigeant d’entreprise, qui ne cultive généralement les lois du secret que dans son propre intérêt.

Employé du public qui, lui, fonctionne à hauteur de la confiance que lui accorde le peuple le payant, le fait naturellement par Conviction profonde, en l’indispensable respect de l’autre à préserver, bien plus que par obligation. Et s’il y a faute un jour en ce sens, elle est gravissime : Si le fonctionnaire quel qu’il soit informe volontairement autrui de l’extérieur, de faits et gestes relatifs à une politique d’entreprise au travail, il n’est plus digne de conserver son poste. Passe pour une balance, détestée de part et d’autre. Voire comme décrié lanceur d’alertes. Pour autant toutefois que l’alerte ne soit visiblement bien trop fumeuse.

Alors, Eric, stp, sois sage à présent, apprends à te taire utilement. N’importune plus les adultes en alertant le voisinage pour des broutilles, et sois poli avec ces Messieurs-Dames qui travaillent, apprends à les respecter, avec ou sans joint au coin des lèvres.

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Sinon, pour punition, tu purgeras ta peine à la nouvelle Migros très agrandie de la Jonction, où tu seras chargé de ravitailler ton foyer en packs de 9 litres d’eau-minérale, que tu déplaceras préalablement. Traitement cruel s’il en est, mais nécessaire châtiment servant à tester ta résistance. Les meilleurs athlètes s’effondrant généralement dans les cent premiers mètres, vers les fromages mous, en direction de la Caisse.

Et, crois-moi, sinon ça ne va pas changer de sitôt. La montagne de packs n’est pas prête à se déplacer aux abords des caisses. Certes, un Poète de passage a jadis engrossé d’une suggestion une malheureuse boîte totalement délaissée, sans le moindre crayon pouvant favoriser l’instantanéité d’une critique fondée. Ainsi, un client sur un million (bein quoi, y a tous les gens de la télé qui passent là-dedans, faut bien en rajouter un chouia), un esseulé (sans doute le dernier humain à l’heure des mobiles à avoir de quoi écrire même en faisant ses courses) celui que toute gérance redoute a souhaité ménager la colonne de ses pairs maltraités clients, en suggérant un rapprochement vers la sortie des produits les plus lourds.

Passe le temps et sonne l’heure, les jours s’en vont les packs demeurent … Ah, polis nerfs … Eh bien, même dans la pire des crises de rage et de désespoir, jamais je ne vais révéler pour autant les frasques passagères et les manies de la cousine du beau-frère de l’oncle de la seconde épouse de l’un ou l’autre Directeur de Migros. Juré.

Alors Eric, déplaçant enfin ces enclumes liquides, n’hésite pas à demander un coup de main au personnel masculin du magasin. Dont possiblement prêts à t’aider : des_héros frontaliers, capables de pardonner aux plus turbulents garnements.

Bon, d’accord. Tu as l’autorisation d’en profiter pour découvrir et nous dire si la Direction commerciale de l’ergonomie de la clientèle Migros ne cherche pas à exister, afin qu’une fraction du Pour-Cent culturel serve enfin à quelque chose de concret, et si par hasard, en plaçant les rayons de la Jonction, les responsables n’ont pas fumé du gazon ces derniers temps ? Ou reçu des cadeaux de médecins et d’assureurs pour des raisons inverses ? Merci d’avance.

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Ah, la jeunesse ! De notre temps … Mais, êtes-vous bien sûr(e)s de vouloir vous lancer à lire encore pareille histoire vraie de vieux con ? Ne démystifiera-t-elle point la conception générale du vieux con, qui répète toujours la même chose alors que le jeune, lui, répète toujours les mêmes erreurs ? Tant pis pour vous :

Ceux qui ont beaucoup, beaucoup de temps à ne pas perdre, auront remarqué au sein des 726 articles à ce jour sur ce support, dont bonne part aussi succincte que présentement, que j’ai sans doute déjà conté les épisodes qui suivent. Mais justement, il est particulièrement intéressant de comparer un même souvenir, traité avec 5, 7-8 ans d’écart, afin d’estimer le degré de conservation, de dégradation, voire d’évolution des différentes mémoires

Ainsi : Je devais avoir dans les quinze ans. L’orgue quelconque sans batterie pré-électronique, ni wahwah, ni réverb, ni bowwow ni mélotron, peu synthé, coûtait 3'000.-. Proche du prix à l’argus de la Dauphine de papa. Et il était déjà loin le temps où nous, gosses du quartier, en 1966, envahissions chaque soir la seule maison des plus cossus parents d’amis, possédant le seul poste tv n/b/brouillard existant. Pour assister en tremblant aux feuilletons des « Compagnons de Jéhu » ou s’extasier devant les aventures et paysages de « Belle et Sébastien », les soirs où il n’y avait pas répèt au Club des accordéonistes, ou concert.

Tant et si bien qu’à dix ans votre futur vieux con fit caprices sur caprices, jusqu’à obtenir des parents et de poussive Dauphine qu’elle soit poussée jusque vers Saint-Malo, où avaient été tournés les épisodes de « Belle et Sébastien ». En passant par la Loire pour ses châteaux, Chartres pour sa cathédrale et sa chambre de proche hôtel, que nos pauvres géniteurs durent bloquer avec une armoire pour la nuit, tombés à la hâte sur un bordel infâme grimé en hôtel familial, et Paris, Versailles et la tour Eiffel. Seul point de repère pour le père au volant depuis peu, afin de s’en approcher âprement.

Et cependant, l’on tourna bien moins dans Paris qu’à Vesoul. Car, avec Colombey-les-deux-églises où paternel tenait à passer ressentir d’éventuels courants libérateurs, issus de l’égrégore déposé par ce fameux Général, ma sœur et moi déjà adorateurs de Brel ne pouvions imaginer de vacances en France, à défaut de passer en Belgique, sans tourner dans Vesoul ; Et ça, pour tourner … jusqu’à chauffer à rouge. Signaux d’interdiction après signaux d’interdiction, nous finissions invariablement par nous retrouver au même rond-point. Un cauchemar, et ça s’énervait et tentait de se calmer et ça repartait et se trompait, et était obligé de revenir au point de départ …

Et bon, puisqu’il n’y a pas d’embargo sur les sujets en forme de poupées russes :

Tiens, parlant de la préhistoire télévisuelle et de la rareté vécue de pouvoir assister à n’importe quoi de noir-blanc, tremblotant sur un poste : De retour de Ouarzazate je quitte la Place Jemaa el-fna et ces charmeurs de serpents, (aussi dangereux que celui ayant difficilement pu maîtriser le boa albinos qui commençait à serrer, serrer ma gorge à Singapour, contre lequel je faisais un « bras-de-fer », avec mes deux mains tentant de la pousser de quelques centimètres, et sa tête figée en l’air, aussi stable qu’une barre d’acier, impossible à déplacer) et descend l’avenue menant vers le nouveau Marrakech, de la fin des années 70. Seul endroit où un magasin de type occidental expose en vitrine quelques postes de TV en fonction, même et surtout le soir.

Harassé par des heures passées la veille à subir le mal de mère chamelle, persistant à croquer encore quelques-uns des grains d’une tempête du désert, je n’ai l’intention que de faire quelques pas avant de rentrer à l’hôtel. Mais voilà, un gigantesque attroupement, extrêmement bruyant est massé vers une vitrine. Je parviens à quelques dizaines de mètres du lieu de l’événement, et l’on m’informe joyeusement que je suis convié à assister à la finale muette du Championnat de foot africain. Ambiance des plus festives, de laquelle je finis par m’extirper discrètement, me glisse en des ruelles et reviens vers la médina.

Se plante devant moi un militaire, main tendue sur la tempe, parfaitement droit, barrettes et médailles arborées. Qui s’exprime en français très cultivé, avec exquise politesse : « Monsieur, pardonnez-moi, je me présente : (petit couac des mémoires, mais bien qu’ayant effectué 10 jours d’armée, les grades et moi font deux. Ce n’était ni Maréchal, ni Général ni Colonel, donc sans doute, Capitaine ou Lieutenant) ma compagnie a été décimée sur le front du Polisario à la frontière avec la Mauritanie, je suis parvenu à traverser le désert jusqu’ici et j’ai besoin d’aide, mais je ne peux pas m’adresser aux Marocains. Vous l’avez peut-être remarqué (oui oui, bien sûr) je porte l’uniforme de l’armée mauritanienne. Pour qui je suis un déserteur, disparu après la mort de ses hommes tombés dans un guet-apens. Et pour l’armée marocaine la présence sur ses terres d’un soldat étranger est très mal perçue » !

Bigre, c’est du sérieux. Et le personnage figé, bras le long du corps, regard implorant, déverse en trois minutes des années de guerre du désert espagnol, d’histoire du Polisario, des tribus ennemies, batailles, victoires et défaites, et termine sa confesse par un solennel « Pouvez-vous me cacher quelque temps ? » … euh, bein … c’est que … « Vous n’habitez pas Marrakech ? Pas de chance, seul un résidant étranger peut sauver la vie du militaire que je suis . Désolé de vous avoir importuné ». Sa main tendue regagne le sourcil et il s’éloigne.

« Mais, Monsieur, Sergent, euh … je peux tout de même peut-être vous offrir ces quelques billets, que vous puissiez manger et si possible vous en sortir au mieux ? ». « Allah vous le rendra, Monsieur, merci Monsieur, que votre destin soit éclairé » Clac ! Demi-tour, pas de charge ou presque.

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Donc, disais-je, je devais apprendre à me payer seul bonne part de mon orgue. L’accordéon n’était plus suffisant, il me fallait transcrire aux claviers les thèmes que j’avais en tête. Le père avait bien secoué l’esclavagiste antiquaire du village d’à côté, qui m’employait dès 14 ans le samedi comme bête de somme, à soulever avec lui les meubles massifs qui m’amochèrent la colonne. Je devais trouver un emploi de fin de semaine d’école, et bingo, je fus engagé pour les samedis dans une Migros. Où me fut confiée la difficile mission de rassembler les caddies et regarnir les rayons de produits. Le père n’eut point à secouer le gérant : Les packs à acheter au trans-palettes, pour ceux qui aiment voir pétiller leur existence, n’existaient pas encore.

Ainsi en fut-il durant quelques semaines. Futiles boulots pour sots confiés ? Il me fallut les défier. Traînait alors, en la plaque tournante de mon lieu de naissance, entre Bâle et Berne, hauts-lieux des retours d’Asie, d’Afrique et des Amériques du Sud et Centrale, traînaient des herbes en bâton, dont une bouffée de sypsi vous entraînait pour huit heures en voyage, et de gras shits du Kerala, de moelleux jaunes ou rouges libanais qui se croquaient comme chewing-gum, et toutes gammes de pollens marocains. J’avais d’emblée forcé les portes de la perception à 14 ans, avec l’un des plus violents LSD ayant existé, le double Sunshine orange explosif, mais n’avais senti qu’une seule première fois l’effet du cannabis ;

Bien qu’en en ayant toussé des tas de fois auparavant en vain ; Entrant avec les deux copains dans la boulangerie du Château à Delémont, et y laissant notre argent de poche, englouti en quelques minutes au milieu d’éclats de rire et de petites pointes de parano, (quant aux parents, aux flics, cacher, l’interdit, du parfum, vite … ça y est, en rentrant j’aurai encore droit à la petite pique habituelle, à cause de mes longs tifs et mon patchouli, cachant certes aussi ma bisexualité, mais de ça on ne parle de toute façon pas, et je vais à nouveau entendre que je reviens de ma « Garçonnière avec mon baise-en-ville ». Un baise-en-ville, ma sacoche à shiloms, et quoi encore ? Ces vieux n’y comprennent rien …

Et la Migros speedée des samedis, c’est d’un chiant. « Oui Madame, non Monsieur, Merci au-revoir-bonjour ! … Ok, je me lève à 04h30, j’avale un alléchant bon bout d’afghan, j’évite de fumer, pas besoin de parfum, et c’est parti … à 06h je pointe, à 06h05 je décolle, fabuleux … Qu’ils sont drôles ces rayons mouvants, qu’elle est belle cette étiquette, … » je parviens à demeurer quasiment naturel, aussi présentable qu’un macchabée aux yeux vermeils exorbités. Des amies de maman s’en inquiètent, serais-je souffrant, si pâle et si bêtement souriant ?

Et pour la première fois en cet emploi « de rêves » ce bon gérant est en difficulté. Noël va approcher, il y a des malades, quelques dizaines de vélos pliés à monter au sous-sol.

Enfin, c’est ce que je tente d’essayer de comprendre au milieu de mille couleurs, de musiques inachevées, de chauds, de froids, de parfait contrôle vital ou chute vers la folie : Je dois monter des vélos au sous-sol. Si je monte c’est au premier, pas au sous-sol, parle-t-il alors du sous-sol d’un présumé étage supérieur ? Révélant ainsi des sortes de couches d’étages de vélos à monter … toujours plus haut, bien plus que trop haut encore, revenir, revenir, se contrôler …  « OH ! Vous êtes là ? Mais qu’est-ce que vous avez ce matin ? je n’ai pas que ça à faire, je vous ai montré deux fois, c’est enfantin donc c’est la dernière. Vous prenez le vélo comme ceci, vous retournez la languette de fer vers l’endroit où la bicyclette se plie et c’est fini. Faites-le vous-même, je reviens dans 2 heures, j’espère que ce sera terminé, ces vélos doivent être en vitrine au plus vite ! » …

Du fond des plus lointaines mirobolantes galaxies cervicales retentit un cri d’effroi : « Deux heures, je vous ai laissé deux heures et vous n’avez pas monté un seul de ces vélos ??? Là, vous avez un problème, ça ne va plus, vous devez consulter au centre de pédopsychiatrie ! Je vais en parler à votre père, ici vous avez terminé vos bons offices, vous pouvez rentrer à la maison ! » …

Plus grand instant de solitude de ma jeune existence, et inutile de brandir le récent papelard du Centre de pédopsychiatrie, attestant du fait que je suis gravement normal, disposant à l’évidence d’un quotient intellectuel jalousé.

Ne supportant les échecs, j’en deviens champion d’ailleurs, les maîtres ne pouvant ainsi me voir destabillisé par une vulgaire ingestion d’hallucinogène, sans défense face à l’adversité, ses pinards et pinailleurs, sans tactique de réserve, sans feinte par sacrifice coutumier ou gambit, roque salvateur… je me jurai de maîtriser toujours en les deux mondes simultanément les distincts aspects de mes voyages intérieurs. De cesser de m’envoler totalement en l’astral, ou vers ses portes, dans la vie de tous les jours, de coordonner mes délires dirigés avec une vie sociale intégrée, de joindre correctement l’utile à l’agréable.

Et me mis par conséquent, il y a 45 ans de cela, à ingérer presque quotidiennement des thés, yoghourts, etc, au cannabis. Pour aller étudier souvent, à l’école, jubilant d’états que jamais ne pourraient imaginer les profs, et fournissant généralement de bons, voire excellents résultats scolaires sous effets hallucinatoires, comme maîtrisés par chamanisme. Transes internes, sans exposition externe, ralentissant le cours du temps, me permettant de concocter, tester plusieurs recherches, entre l’instant de la question qui m’est posée et la réponse réfléchie que j’apporte avec plaisir. Jouer à apprendre autrement est une véritable extase. Mais combien ne faut-il aussi de fois le regretter, si l’on ne sait apprendre à jouer prudemment. Le bon élève qui avait redoublé par amour puis stupidement quitté l’école de commerce largement entamée pour travailler, voyager, vivre vraiment et squatter les campus, (ayant alors près de 20 ans, oui, que le temps passe vite) sortit lauréat d’une école privée. En laquelle, du premier au dernier jour de cours, il avait assidûment assisté et participé à toutes leçons, avec pour base, en sus du cannabis, deux grammes dans les veines de Brown-Sugar, sucre brun désignant la plus terrible des saloperies de l’époque, une héroïne très pure mélangée à de la strychnine, dont le manque relègue l’enfer au rayon confort de la Migros.

Que nenni, je n’ai aucunement mal emboîté l’une des poupées, c’est qu’en le temps qui passe si vite, la gentille fumette ou dégustation de douces herbes était devenue le riz de base asiatique, le haricot américain, la pâte en Italie, le complément indispensable pour repas de fête de chaque jour, dont les plats de résistance étaient la mélasse d’opium pur ou ses terribles dérivés.

Je parvenais à peine à concilier alors « les deux mondes » mon aspect physique dénonçait mes abus, mais ma présence d’esprit, ma prestance et ma glorieuse modestie humoristique sauvaient les apparences. J’avais 20 ans, porteur d’immenses espoirs et j’étais mort à brève échéance. Me piquant toutes les heures. Comme la totalité de feus mes compagnons d’infortune d’alors. Nous étions une trentaine sur un rayon de 30 km, qui consommions pareillement. Les narines sanglantes ne supportant plus les snifs. Il nous fallait notre dose quotidienne.

Et nous nous relayions ainsi naturellement, pour aller de temps à autre à Bâle, à Berne ou à Zurich acheter pour le groupe assez d’héroïne. Que celui ou ceux qui se déplaçaient vendaient un peu plus cher aux autres pour couvrir en matière leur transport et consommation. Il n’y avait deal qu’entre nous, certainement qu’aucun de mes malheureux codépendants ne proposait ni ne vendait de petites doses d’héroïne à des inconnus, ou quiconque souhaitant essayer. L’argent provenait à la base de notre travail honnête.

D’ailleurs, ayant été dénoncé par sept Loclois coincés, et photographié à Lys en train d’échanger une plaque de haschisch avec eux contre 32 grammes d’héroïne, je fus dûment condamné à Berne, à amende et sursis sur 5 ans, période terminée depuis trente ans. Peine légère, du fait que selon toute évidence je n’ai jamais profité financièrement, autrement qu’en consommation personnelle, de ce trafic entre jeunes malades dépendants avant l’heure.

Bref : Rien à faire, pas moyen de se procurer son héro dans le marché de la M….. Même en packs très lointains, si vraiment nécessaire … Et je vois les premiers de mes amis à peine majeurs s’en aller d’overdose, ou de maladie déjà. Puis réalise combien mon tour approche si je ne réagis. J’ai été déclaré apte à l’armée (non non, celle des montagnes, pas du désert pour bons services rendus à un hypothétique nouveau général mauritanien), l’héroïne arrive au bout, beaucoup d’arrestations, et plus d’argent, plus d’amis, les survivants pareillement en manque, je n’en peux plus, maman au-secours !

Dégoulinant de sueur alors qu’il fait froid, livide, tremblant, gémissant, j’explique à ma brave mère catastrophée, sachant depuis un certain temps que je fume et parvenant à peine à le tolérer, que je suis EN MANQUE DE HASCHISCH ! Pour cacher l’effroyable réalité du pourquoi je garde toujours de longues manches.

Honte, honte à moi, à ma lâcheté d’alors, mea culpa mea culpa, ayant répandu ainsi l’une des stupides rumeurs parmi les plus ravageuses, pour les simples fumeurs d’herbe modérés, ce que je suis finalement devenu.

Ainsi, il faut sauver le soldat Jean-Ma. La mère décroche le bigophone, se renseigne, obtient un rendez-vous au « dropinge », nouveau Service médical chargé de styler les sales drogués, et les remettre dans le droit rail du Seigneur.

Je suis allongé à l’arrière de la voiture, claquant des dents, maman pleure et conduit. Et médecins : Attente, tellement de tellement de choix de prise en charge expérimentale, formulaires administratifs, palabres et blabla … Une blouse blanche que j’entrevois à peine (je forçai trop longtemps les pupilles, minuscules avec l’héroïne, en m’acharnant à lire ou écrire, alors que les opiacés brouillent la vision) un sauveur me tend enfin trois petites pastilles, que j’avale sur le champ, me fixe des rendez-vous, cette fois-ci au nouveau « dropinge » de Bienne, et me prescrit de la Kétalgine.

Retour vers la voiture. La sudation continue, les tremblements pareillement, maman a un peu faim, tente de proposer que l’on s’arrête quelque part … « C’est non ! Je suis souffrant, horriblement, ça ne se voit pas ? Non ? et … Ouah, que ça fait du bien ce truc-là, quel pied ! Tu disais ? Oui, manger, bonne idée, je suis en pleine forme, moi, ouah, dis-donc, ton toubib il a la classe pour calmer les spasmes et tortures de la dépendance physique au cannabis .. » … Et là : « Oh, toi, ça va, en plus tu me prends pour une conne ? Tu crois que je ne m’en doutais pas que c’était bien plus grave que de la fumée ! maintenant il faut te soigner ». Fin du beau rêve de parfaite cohésion des deux mondes.

Je vais deux-trois fois à Bienne, consomme l’excellente Kétalgine, genre super-morphine anesthésiante, ... en plus de l’héroïne. Le lundi d’après, je rentre à Colombier à l’école de recrue. C’est vendredi soir, je suis à Bâle dans le quartier psychédélique. Deux malabars me tordent les bras dans le dos, une main me fouille les poches et sort l’héro que je viens d’acheter. Je parle et comprends bien mieux le suisse-allemand alors qu’à présent, mais joue l’étonné ne saisissant pas un mot de bâlois. Verdict en très mauvais français : « Mezieur fous zêt en édat t’arresdation ! On fous mène à la Brizon du Lohnhof » ! De bleu de bleu l’adrénaline ! Comme on ne dit plus ici.

Menottes aux poings je suis amené vers un commissaire. Qui découvre d’emblée la supercherie. « Tu parles allemand je le sais alors débrouille-toi pour me comprendre. On t’a vu acheter, une petite quantité, tu ne vendais pas mais il s’agissait d’héroïne, et c’est très grave à Bâle. Tu sais les ravages que … blablabla ? » Oui « Monsieur le Commissaire, désolé Monsieur le Commissaire »… « …blabla, Donc la loi est stricte à ce sujet, tu vas rester quelque temps en prison ». « Mais, c’est impossible, Votre horreur, je ne peux pas être en même temps en prison et à l’armée ? Même si sous d’aucuns aspects … » … « Aïe, oui, ça complique un peu, je te dirai demain ! gardien menez-le en cellule ! » … Une seule idée en tête, « cette fois j’ai tué ma mère ».

Sinistres couloirs de l’antique prison sur la colline, verrous et cadenas, stridents crissements intolérables, grosses clés de circonstance, clinquantes de désespoir, une seule fenêtre à grillage diffusant horrible faisceau blafard tombant … sur éclatant sourire de jeune ami jurassien d’un mien copain de voyages à l’acide. Me connaissant de vue et de réputation, comme ce fameux James assez chamane, sachant si bien faire déflipper les types ou demoiselles dans les pires délires, en les ramenant au calme avec de l’excellent shit et l’aide de Mozart, d’ambiance et paroles douces.

Compagnon de cellule, coincé de retour d’Amsterdam avec juste quelques dizaines de kilos de marocain … « Malvenue à toi, malheureux ami, en la cellule que je partage depuis et pour longtemps ». Gloup. Quelle sympathique surprise, un joli joyeux luron jurassien pour m’accueillir aux (en)fers. J’en pleure. Comment et quand vais-je m’en sortir ? Serai-je d’emblée accueilli au fin fond des cachots de l’armée ? Le gentil trafiquant me rassure et permet de relativiser la peine qui m’attend. Nous finissons par dormir, le manque ne me ronge pas encore trop.

 

Samedi matin, rien. Samedi après-midi : « Herr Roth, zil-fou-blet, suiffez-moi !». Le verdict est clément : Traduit de sauvage idiome bâlois : « Attendu qu’il n’y a pas eu vente, vu que le prévenu part à l’armée, où le médecin des troupes le prendra en charge pour sa dépendance, le prévenu est libre, à la condition d’être lundi à Colombier. Et s’il est encore aperçu à Bâle dans les années à venir … » Brrrr …

Privation de larmoyants adieux avec l’ami d’ami tombé. D’ailleurs, je trouve étrange qu’il soit incarcéré pour une longue durée dans une si moche et si sombre cellule où passent les nouveaux. Ce petit gars si détendu et si sympa ne serait-il pas un indic ? Je passe en revue nos confidences sur la paillasse. Vrai qu’il était drôlement curieux, mais je n’avais plus rien à cacher, la vérité ayant éclaté à Lys. Je me retrouve à la ruelle, dans le vieux Bâle, me demandant ce  que savent ou non mes parents. Vu que je ne loge plus avec eux, ils ignorent peut-être tout ? Je prends le train, rentre au domicile familial. Mon (trop) brave père, rouge d’émotions, de déception et de colère rentrée, me fait d’emblée signe appuyé qu’il n’a rien dit, que ma mère ne sait rien, et me lance des regards réprobateurs remplaçant tous les mots.

Je tiens dix jours à la caserne, me fais emmerder comme aucun autre par un teigneux radzet lieutenant neuchâtelois, qui me dira dix jours plus tard devant toute la compagnie : « Nous vous regretterons, Roth, vous étiez le meilleur élément ! ». Le genre de shoot qui dépasse même l’incommensurable béatitude de la Kétalgine militaire d’alors. Scellant alliance d’excellence de conduite simultanée entre deux mondes et diverses dimensions. Des plus utiles aux plus futiles.

Le premier soir de permission, j’avais tenté d’aller avec les autres convenablement me saouler la gueule. Dès le second, je me sauvais dans les buissons du bord du lac, et rejoignais mini-groupe des recrues fumeuses. Deux mondes à nouveau, à concilier. Et nous rentrions à la caserne pour l’appel du coucher, cocotant le sent-bon Migros, ou du genre. Passable. Juste ce qu’il faut pour couvrir la fumeuse réalité. Et songions, si nous ne parvenions pas à nous faire réformer (abscons  terme, alors, pour un protestant de mon genre) et étions contraints à répéter ces séjours jusqu’à 50 ans, à nous acheter en commun un bidon de Collyre.

J’étais alors aimablement  jeté de l’armée pour maladie, en attente du procès dont je parlais plus haut et de celui de Bâle (pour lequel, un jour, paternel me remit en douce une quittance payée, pour frais de justice bâlois, de quelques centaines de francs, qu’il avait réglée en secret. Jamais n’en avons parlé un seul instant ensuite. Durant les deux ans qu’il avait décidé qu’il lui restait à vivre) … Libre comme l’air, n’ayant touché à mes économies accumulées durant mes activités bien payées dans l’horlogerie ;

Soit je rechutais, restais dépendant de drogues dures, ma vie durant, sous forme de médicaments ou non : Soit je fuyais cette vie et toutes sources de drogues connues, sans délai. J’obtins exceptionnellement un tube de Kétalgine, pour quelques jours sans manque, et partis seul me désintoxiquer dans les Cyclades. Puis je ne revins jamais plus, que très brièvement et sans contact aucun avec les drogues, dans la ville plaque tournante de mon enfance.

Les souffrances indescriptibles, à se tordre durant trois jours et trois nuits, seul sous tente à Mykonos, avec un bidon d’eau chaude, du pain et du haschisch en abondance à manger, afin de survivre ou de mourir, fonctionnèrent à merveille. Jamais plus je ne m’injecterais quoi que ce soit. Sinon l’Interféron en intramusculaire durant l’année 2002, qui désactiva merveilleusement le moindre des maux qui devait me tomber dessus, avec les échanges de seringues et autres bêtises vécus : l’hépatite C. Les médecins en 1998 me donnaient encore 4 ans de vie … Des dizaines de tests successifs depuis sont invariablement incroyablement formels : ni sida, ni syph, ni quoi que ce soit d’autre que cette hépatite guérie. Inactive. Ce qui n’est vraiment pas courant en mon organisme. Et je suis à nouveau, comme l’on dit, en pleine forme.

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Puis, c’est alors que je réalisai qu’il devait décidément y avoir un Dieu pour les piégés jeunes voyageurs intérieurs, pour lesquels déjà la madeleine de Proust s’appelait: « Samedis de jadis à la Migros », voyageurs du Trop-loin,  trouvant in extremis volonté de se sauver. Je donnai ou vendis tous mes biens matériels, ayant plongé dans la vie de Saint-François d’Assises, et de tant d’autres sages, je vivais d’extraordinaires extases sans besoin de substances, dans les forêts les soirs de lune, étreignant les plus vieux chênes et découvrant, éléments par éléments décortiqués : Celtes croyances, Coïncidences et Symboliques fondamentales.

Ensuite m’en allai, féru de Gai-Savoir, en terres Cathare, Quester le Graal, sans espoir de retour, prêt à purification de mon temple corporel, à parfaite abstinence des plaisirs de la chair, et privations de tout ce qui dépasse le vital le plus strict. Du 10 au 11.12.1976, un gigantesque canidé plus loup que chien me guide, seul, dans les forêts initiatiques d’Ariège, sur une quarantaine de kilomètres jusqu’à une École Spirituelle où j’arrive par erreur et suis merveilleusement attendu et accueilli : totalement hors du commun, en laquelle je déploierai amicalement et sans engagement aucun des talents médiumniques me/nous stupéfiant, et retranscrirai à la machine des dizaines de pages, que mon hôtesse produit sous mes yeux en écriture automatique. En contact direct avec d’éblouissants Maîtres spirituels. Durant douze jours et douze nuits, du douze au 24 décembre. Ma vie ne sera jamais plus la même. J’ai incidemment trouvé bien plus que je ne cherchais.

Débute une ouverture d’esprit que nulle substance ne saurait faire entrevoir ; Et douze demi-journées d’enseignement lumineux, d’une pureté indiscutable, issu des prodigieux propos de la gamine de la médium, une angélique poupée de 7 ans, sachant tout des hiérarchies célestes nous entourant, de l’échelle d’Ézéchiel, de la Table d’Émeraude, des territoires de la forêt, luttes et passages apparaissant ou non aux yeux du profane. En fonction de l’intensité et des techniques de sa recherche. Mirettes bleu-vertes itou que cet ange m’ouvrit à jamais. Sur les beautés de l’Univers, de la Conscience bénéfique, de l’Existence indiscutée d’un seul et même lien de Raison pareil, et semblable besoin de Respect, en toutes vies indistinctement, végétale et minérale comprises.

Quelques minutes par matinée, la petite redevenait une gamine jouant avec sa poupée, me demandant de la coiffer, puis c’était reparti. « Aujourd’hui on va t’emmener vers les sommets d’Andorre, mais tu verras, le temps de trajet sera très raccourci bien qu’on soit en retard pour rentrer ».

Son si sympathique et discret père acteur a un rendez-vous important à 17h, nous repartons des sommets d’Andorre à travers l’Ariège, sommes très en retard par rapport à l’aller, ma montre ne mentira pas. Et tout à coup nous arrivons près des deux chalets. Je n’ai jamais pu imaginer quoi que ce soit qui pourrait expliquer ce fait vécu, je le jure, parmi d’autres spectaculaires phénomènes paranormaux, dûment répertoriés, pour certains,  par des chercheurs très sérieux.

Mère et fille se relient alors pour m’expliquer la faculté d’élastifier le temps, tout simplement. Et me préparent, jour après jour, régime sans fumée ni rien de malsain, régime de vie, de légumes et fruits vivants, de graines et d’excellence germant, de plantes réparatrices, de concepts d’éclectisme, de liberté de pensée, de droit à rester droit, de partage de bien-être, de messages d’espoir. Vers un Destin malléable, en direction d’une Conscience Unie, d’une immense Lumière que, quittant ce monde, nous aurons ou non la force de regarder, ou de plus douce menant vers renaissance en qualité d’humain ; Repartant de son plein gré, en regard de l’exposition du bilan de vie à laquelle se confronte l’âme en son propre jugement dernier, sur les mêmes bases laissées, de bonnes comme de mauvaises actions envers les autres fractions d’Un seul Ensemble d’êtres, de consciences, d’actions, reprenant  le chemin de la Commune Élévation.

La veille de ce Noël est arrivée, je dois poursuivre mon chemin. Sachant que jamais je ne reverrai ces si splendides hôtes, si ce n’est un jour en pleine lumière planétaire, rayonnant enfin de l’ordre parfait de douze signes justement assemblés. J’ai tout quitté pour l’ufologie, l’anthropologie, les sentiers de la Vérité, j’ai contacté des gens que je pense être aussi magiques que les magnifiques Individualités qui m’accueillirent et enseignèrent, et qui me déposent en la ville rose, à Toulouse. Le petit ange savant ne libère qu’une minuscule perle lacrymale, s’amuse encore à me rappeler quelques principes aristotéliciens ou règles esséniennes fondamentales.

La voiture s’éloigne, la rue est encore déserte, un petit marché au loin s’achalande. Et je pleure toutes les larmes de l’Iliade et de l’Odyssée réunies, entrecoupées de sanglots de bonheur absolu, d’incommensurable force et joie d’avoir vécu tel privilège, et de terreur de me retrouver subitement seul, à Noël, en retard sur le 12 du 12 à 12h12 où je devais précisément rencontrer d’hypothétiques experts en raccourcis vers la purification par éclectisme spirituel ! En gros. Mais n’ayez crainte, rien ne contraint des poupées russes à suggérer qu’en vérité, après tout ça, j’étais prêt à voir en toute simplicité des packs Migros lévitant de partout, et se déposant seul en montagne vers les caisses.

Ne sachant encore qu’en bon Professeur, j’aurais un jour à tirer les oreilles d’un garnement politique ne réalisant pas de quoi il parle, et qui rapporte toutes les petites sottises sans importance de ses camarades à de fâcheux recteurs ; Se pétant, eux, d’autre manière. Mais ainsi poussés pour l’exemple à appliquer sévèrement leur loi, par une fessés démesurée. Ce qui est très bête et méchant.

La suite morcelée des précédents évènements vous fut moult fois ci-contée, ô éhontés qui ne vous vantez d’ignorer l’excellence, à juste titre animant d’aucun vieux con donneur de leçons. Victime de 45 ans de frauduleuse prohibition, à but exclusivement lucratif « justifiant » soins, répression, humiliations, etc … interdits et tabous ayant terriblement retardé ma démarche visant à parvenir, le 16.09.1998 avec l’arrêt définitif de l’alcool, à ne plus toucher à la moindre drogue dure, si ce n’est malheureusement encore le tabac. Et à me contenter, sans dépendance manifeste, de mon chouia d’herbe quotidien du terroir.

N’en déplaise aux cancres ayant des actions à faire fructifier dans l’industrie de l’arbitraire juteuse répression. Particulièrement préjudiciable au droit de l’individu de traiter son corps comme il l’entend pourvu de ne porter atteinte à autrui, et à la Société entière, par les finances qu’elle laisse au profit du crime organisé plutôt qu’au bénéfice des Contributions publiques et des Soins.

Alors, Ricky-la-carpe, avant de parler, tourne sept fois ta toupie Migros dans ta bouche à l’avenir : On ne dénonce pas comme ça gratuitement. Même si ça rapporte un max au final, on se sentira toujours beaucoup trop pauvre d’esprit.

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Suite à cette brève préface, entamons le sujet principal de ces deux-trois mots que je voulais tellement vous transmettre :

Culture du blé à Genève : De gauche à droite, du producteur au consommateur et retour à l’expéditeur:

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La planète entière a vu les vaches suisses se faire ravitailler en eau par des hélicoptères de l’armée. Ce qui tranche singulièrement avec la morgue de politiciens qui, il y a peu, nous affirmaient que s’il est une valeur essentielle dont la Suisse ne manque vraiment pas, qui en revend des masses, c’est bien l’eau, les sources des montagnes, les torrents, lacs et fleuves, les barrages, les cimes retenant les nuages … ça coulera encore un certain temps sous les ponts, avant que nous ne découvrions tout sur les aventures politiques de l’eau. Savez-vous qu’après les problèmes de fraude fiscale, le barrage du Seujet à 100m d’ici était le second point, en importance de fâcherie entre la France et la Suisse, lors de la récente visite de François Hollande ?

Donc, nos vaches sont abreuvées par hélico, et voilà que ces ingrates font les difficiles et boudent ce si cher liquide vital !

Ce qui peut aisément se comprendre si elles sont de Travers ! De l’eau prélevée dans le lac de Joux, servie chaude et sans absinthe dedans ! Quel scandale, pour des ruminants de luxe, dédaignant les trains pour regarder passer les hélicos. À croire que l’armée renie l’une des plus vieilles tradition du pays. Consistant à aider bébé à s’endormir en coupant le lait de son biberon avec un schlouk de schnaps … Oups. En aurai-je trop (mau)dit ?

Révéler tous les travers rend-il plus droit ? Devoir à me rendre, par les classes supérieures, dans la demi-heure !

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Et le monde est dans le fond si gentillet et bon citoyen: Voyez en Corée du Nord :

Le taux de participation démocratique aux élections de dimanche passé était de 99,97% de votants.

Les 0,03% d’abstentionnistes seront enterrés mardi.

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Voilà, Chef : J’ai peut-être pédalé dans la semoule pour monter des vélos, mais maintenant, que dites-vous de ma manière d’affoler les cafards informatiques, traders automatiques qui achètent ou vendent en une micro-seconde des actions Migros ?

En attendant, aime M-Budget comme toi-même, aime ces gêneurs gonflants tant que dégonflant, et rions ensemble Onex et à la barbe de tous benêts.

Mais jamais ne livrons nos pairs …

Ali GNIOMINY

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Va et élève-toi.Surmonte la rocaille, déplace des packs tant que le peux, écoute tout, vois tout, touche, goûte tout, ne dis que l'essentiel, l'indispensable, le vrai, et jubile de tes silences et des questionnements sur ce qui rend aussi athée à sa manière un témoin de "Célestes" manifestations inexplicables.

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