10/12/2014

MATONS DEALERS ?

18h21 ? Merci. Désolé, j’avais déjà oublié. Il est donc l’heure que j’entreprenne ma ronde, remue vite les esprits carrés des hauts rangs goûtant l’ignorance, et je suis à vous. Voilà, c’est fait !

Or : Gloire au bon Roi-Député du Parti-Railleur d’Extrême-Centre-Gauche ! Qui vous suggère, en sa suave grandiloquente condescendance, une pas si débile idée :

Ainsi, l’indemnisation des détenus dans des conditions inhumaines à Genève l’Exemplaire fait légèrement tache … d’Huiles ?!

Le Sarkozysme à la genevoise, au bord du précipice, s’entête toujours plus à aller de l’avant. Affirmant haut et fort que leurre c’est leurre. Et pendant ce temps, notre rôle exténuant de désignés volontaires pour exponentiels soutiens financiers à détenus, nous met à nu.

Déjà que leurs soins, repas, divertissements, tentatives d’éducation sont à notre charge, et les frais de justice qu’ils fuient généralement. Dans le pays et les conditions de détentions qu’ils méritent. Donc ça râle !

Sinon les peines de caïds sont réduites pour éviter les indemnisations financières, comme tel est déjà le cas. Et ça râle !

Visiblement il y a un problème. Facile à solutionner pour un Roi-Député du reste :

Afin de compenser l’indigne calvinisme carcéral infligé à ces outrées truandes victimes : Que les autorités genevoises leur fournissent gratuitement et à volonté de la bonne herbe, et autres haschishs des stocks saisis par les stups ! Ou même leur permettent de cultiver dans la prison !

À coup sûr ça calmera l’ambiance et bien des plaintes, et explosions de violence quant à l’exiguïté des lieux.

Que, tôt matin, matons dealers servent aux détenus leur ration de cannabis de leur choix. Et veillent nuit et jour que tout prisonnier  refusant cette compensation (s’il en existe) soit exclu de partage de joint.

Évidemment, de naïves âmes estimeront que tel traitement est dégradant pour le non-fumeur. Effectivement, il doit bien en exister un, enfermé quelque part.

Mais sa compensation pécuniaire, avec celle d’un ou deux matons encore un brin réticents, car peu brillants dans leur apprentissage en herbe, nous ruinera un peu moins !

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En l’occurrence, que fait la Police ?

 

Elle délocalise sa formation ! Vu que l’insupportable coût de l’aspirant, tous services compris, passera ainsi de 75'000 à 52'000.-

Cependant, il est prévisible qu’à Savatan ça va tendre les relations entre novices gabelous, se retrouvant logés à huit dans 10m2. Mais il n’existe rien de tel que la pratique, pour apprendre les finalités d’un métier.

De surcroît, la Police n’ayant jamais été très forte en calcul : Furent oubliées les indemnités à leur verser par la suite, pour conditions inhumaines imposées, comme le prix de leur remise de peine ou fumette gratuite …

En revanche, une économie conséquente sera réalisée avec les canidés détecteurs de drogue, devenant inutiles. Nos aspirants policiers à grand appétit ayant la chance d’être issus d’une Suisse où se mange encore le chien …

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Parlant toujours de racket de contributions et prises des citoyens en otages :

Le dernier des otages Français dans le monde est libéré !

Coïncidence : Il se murmure que des convois exceptionnels transporteront bientôt, par tronçons, la Tour Eiffel jusqu’au Nigeria.

Où celle-ci servira de minaret pour muezzins hautement intégristes !

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Lutte contre la bêtise conservatrice, toujours :

Neuchâtel vote la destitution de ses Conseillers d’État incorrects !

Genève estime n’avoir vraiment pas besoin d’un vote à cet effet.

Des camions circulent en permanence en ville, affichant en énormes caractères : « La Voirie débarrasse vos encombrants » !

Et pourtant, force est de constater qu’il y en a toujours plus qui traînent un peu partout !

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Aucune destitution prévue, ni sanction, contre un arbitre de LNA de hockey, qui a traité un joueur de gonzesse !

Bien joué. Le juge unique de LNA, restant de glace n’a pas « reçu le puck ». Qui a correctement estimé naturel qu’un adulte en taquine un autre dans l’espoir de se faire rouler un patin !

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Vous ne le croirez certainement qu’en interrogeant les contemporains et plus âgés de ma région : Mais je fus, comme tout enfant là-bas, en les vaux jurassiens, un très bon patineur, à mes risques et périls.

Certes, il est difficile de faire autrement, quand on se les gèle sept mois par année, que de rejoindre chaque jour Le Beau Danube Bleu et l’intégrale de Strauss, unique fond musical éternel diffusé à la patinoire, hivers après hivers, alors seul et unique lieu de distraction des petits et grands.

Bon patineur, mais médiocre hockeyeur, craignant de (se) faire mal, alors que c’est le second but du jeu. Massacrer l’autre un max contre la bande, à défaut d’oser le décapiter ou fendre de haut en bas avec sa canne.

Ma testostérone manquant cruellement d’éléments mâles de type  –brute épaisse- je fus souvent désigné volontaire : Gardien !

Mais voilà, en 1966 environ, l’enfant doit devenir un homme ou ne pas être. Il subit en silence à-peu-près tout ce que dénonce la société actuelle. Et n’a pas intérêt à l’ouvrir. Bien qu’aucun protège-dents ne risque de tomber, dans le cas passé.

Ni genouillères, ni protège-coudes, ni grille au casque devant le visage … Le petit gardien d’une cage de hockey lors d’un match, durant les heures de gym reçoit, comme toute l’équipe les consignes du prof. De bien faire attention. Et c’est parti.

Faut-il vous le dire ? ça se lit si aisément ! Oui, j’ai reçu le puck ! Expression locale au sujet d’un toyé bigrement zinzin, susceptible d’avoir interrompu avec sa boîte crânienne la course d’un projectile se mouvant à très haute vélocité.

Le contraire eut été surprenant. À la Xième rencontre mon arcade sourcilière gauche nous évitait un but. Trou noir sur blanche glace. Pansement, analgésique vendu sans ordonnance, bourré d’opiacés, dont toutes générations abusaient, allant pour certaines jusqu’à l’étaler en poudre sur les tartines du matin, retiré du marché depuis des lustres, fléau oublié des contrées horlogères … et le lendemain j’étais sur la glace.

Ce n'est que la semaine dernière que mon médecin, intrigué par mes douleurs régulières à l’arcade gauche, se dit qu’il serait peut-être intéressant de voir s’il n’y a pas eu fracture interne mal ressoudée …

Bref, j’ai refusé de rester devant la cage, ai commencé à dûment cogner en mon rôle d’attaquant, et un mastodonte d’au moins 15 ans m’a écrasé à pleine vitesse dans la bande.

Souffle longuement coupé, plié en deux pour un bon moment. On m’a traîné vers la sortie de la glace. Je suis parvenu à placer ma canne en biais entre une marche et le sol, et KRRAAAK.

Je patinai encore durant bien des hivers, sur Strauss, voyons, et garde une véritable « madeleine de Proust visuelle » de ces après-midi à ciel noir, emplis de nuages de neige, de cette glaciale chaleureuse  ambiance magique. Tournant inlassablement à grande vitesse ou exécutant une valse de figures simples. Mais dès que les copains prenaient leur canne, je les regardais jouer devant un thé bouillant,  de la fenêtre de la buvette. Sans honte. Ils avaient vu que j’avais assez donné pour l’équipe, dans ma brève carrière de tas de muscles fonceur.

Allez savoir si c’est le puck qui me fit oublier les buts que j’ai dû encaisser. Plus moyen de m’en souvenir, mais l’ambiance qui me reste est positive, j’ai dû assez bien m’en tirer. Envers et grâce à mon bizarre handicap-avantage, que je tentais de cacher dans l’enfance.

À savoir que mes yeux me valent depuis toujours tous les privilèges et toutes les contraintes. Sans parler de ce dont traite l’un de mes billets ci-dessous, cette faculté que j’avais petit de voir à-travers le concret pour retrouver le monde astral : ma vision est pour le moins intrigante. Avec la faculté d’obtenir une durable fixité naturelle.

Un tout hautissime DRH s’énerva presque, il y a fort longtemps, totalement désarçonné après 10 minutes d’entretien, me lançant « Mais, bon Dieu, clignez des yeux ! ».

Une fixité étrange, autant qu’une mouvance de couleurs passant du bleu presque foncé au vert le plus clair. En fonction de mon état d’esprit et de santé. Ainsi, ma regrettée mère a toujours immédiatement vu quand j’avais fumé de l’herbe. La dispute débutait automatiquement par : « Ne nie pas, tu as les yeux vert-clair ! »

Et il n’est pas rare, un jour où je suis d’excellente humeur, que je rentre dans un commerce et entende l’une de ces dames s’exclamer : « Ces yeux bleus ! Pardonnez-moi, mais un bleu comme ça c’est rare, et … ». Le comble de ce qui m’arriva fut la réflexion d’une serveuse restée interloquée devant moi, au moment où je voulais payer … « Monsieur, excusez-moi mais quand vous êtes arrivé vous aviez les yeux bleus et maintenant ils sont verts, vous mettez des lentilles ? ».

J’aurais dû lui répondre : « Non, les lentilles ça donne de la force et vous auriez déjà pris une baffe ». Oser ainsi titiller l’anti-misogynie d’une ex-brute de hockeyeur ! Elle n’a pas eu froid aux yeux ! Par ailleurs pareillement jolis. On s’éloigne, là, on s’éloigne …

Or, lesdites mirettes, de votre bas rond-de-cuir préféré, lui permettent certains prodiges. Et lui infligent bien des soucis. Trijumeau inversé … Vision excellente en dépit de voile à droite … et absence de stéréoscopie. Soit de perception du relief de deux objets réunis. Ayant sans doute engendré chez moi une vue plane, à horizons généralistes, une absence d’observation détaillée d’inutilités, pour une présence d’utiles constats globaux. Tout comme vous, je vois le monde à ma manière, totalement différente de toute autre. Mais un peu plus et mieux, bien entendu.

Non non, c’est mon père qui était daltonien ! Moi je vois parfaitement que vous devenez rouges !

 

D’accord, d’accord, j’abrège : Mon juvénile challenge fut de parvenir à cacher aux autres mon handicap dû au manque de stéréoscopie. Voulant que si l’on me lance une balle, huit fois sur dix je la manquerai de quelques centimètres. La conjonction de la vue droite avec la gauche est la principale difficulté existant au monde. Mes défenses m’y exercent depuis toujours. Je compense avec plus d’intuition et de réflexes innés. Je l’ai encore prouvé tout à l’heure à mon travail. Rattrapant une orange qui ne pouvait humainement que continuer à tomber, devant mes collègues ébahis.

Résumons : Si je vois l’adversaire, que j’observe sa raquette, suis le tracé de la balle en l’air, tend ma raquette : « Caramba, toujours trop à gauche ». Rien ! A devenir dingue, Frisbee, tennis, ping-pong, foot, (hockey ?) … je suis une vraie passoire.

Mais si un lustre se décroche brusquement du plafond derrière moi, je le rattraperai avant qu’il ne touche le sol. Si vous me lancez un objet alors que je ne m’y attends pas, je le rattraperai pratiquement à coup sûr avec une précision époustouflante.

Où si, ainsi que cela m’arriva devant l’effigie de Freddy à Montreux, reculant pour prendre des proches en photo, l’arrière de mon genoux heurte un banc : Je prends la photo tout en tombant en dos, roulant sur une épaule et me propulsant en arrière je me fige sur mes pieds, appareil en main, et vérifie la qualité de la photo comme si de rien n’était. Ayant déjà plus de cinquante ans.

Mes étranges propriétés oculaires ont en fait développé ceux de nos autres yeux corporels, que l’on n’utilise généralement qu’assez peu. Quant à savoir si j’en dois remercier ou engueuler un hypothétique Créateur ? En suis reconnaissant à mes parents, mais s’ils étaient encore là je les prierais de gronder de ma part les leurs et ainsi de suite.

Des yeux qui dénoncent tout en virant au vert au moindre questionnement … on aura tout vu !

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Cet article à l’œil, grâce …

Ali GNIOMINY

Toujours prêt à rattraper au vol jusqu'aux crucifix tombant en désuétude.

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Alors, m’a-t-on dit l’heure ? Ah oui, XXIème déjà, j’oubliais, merci.

(Gag supposé spirituel, puisque du XXIème, si vous voyez ce que j'entends).

Matons dits, leurres, et portons regard du cœur.

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