21/10/2014

ÂNES ... À LISERON

Saviez-vous que, jadis, étaient réputées chasser les cauchemars les graines de liseron, enfilées dans l’oreiller ?

 

Foin de bêtises ! Les ânes qui nous dirigent, proliférant et étouffant tout, comme le liseron, nous en provoquent de plus en plus !

 

Me poussant d’autant plus à tenter de retrouver mes si beaux rêves dirigés du passé, ne serait-ce qu’en précis souvenirs.

 

Or, l’armoire de bon bois, faisant face à mon lit, enfant, comportait quantité de lignes et de nœuds, à travers lesquels depuis tout petit j’avais découvert un passage. Un seul, toujours le même. Une porte vers l’astral que j’ouvrais pratiquement à volonté. Il me suffisait de me mettre en condition, de fixer un cheminement de striures jusqu’à la grotte d’entrée, un nœud du bois précis, et de ne pas être dérangé. Si ce n’est dans le regard d’amis de la famille.

 

Ensuite, je transformais mes yeux de l’étrange manière que je sais toujours faire, fixais si intensément ce point qu’il disparaissait. Mes yeux se voilant alors d’une sorte de fine brume et un filament vertical mouvant, comme un rayon, apparaissant, paraît-il.

 

Et je passais à travers un long tunnel assez effrayant, tout en sachant que je ne risquais rien, approchais d’un trou de lumière, d’un diamètre de 50cm en lequel je m’enfilais en rampant, qui se rétrécissait, je tendais alors le bras vers l’avant. Des mains prenaient la mienne, m’aidaient à m’extraire, et j’y étais à nouveau. Je retrouvais les miens et toutes les beautés d’un paradis que peut se créer un enfant. Lumières, couleurs, jeux, gentillesse de proches inconnus tout de lumière vêtus. Puis arrivait mon frère, que je n’ai jamais eu dans la vraie vie, mon double, et nous voyagions ensemble à volonté en volant dans les airs, allant où nous voulions et comme nous le voulions. Visiter sur Terre tout ce qui nous amusait, parcs d’attractions, cirques, écoles … ou nous survolions simplement de féeriques régions.

 

Puis, j’entendais mon prénom, ou une pensée de retour me rappelait dans le concret. Et parfois il me fallait du temps pour me stabiliser dans la réalité. Ce qui, évidemment, inquiétait beaucoup mes parents. Avant de savoir lire, soit j’étais hyperactif en paroles, soûlais mes proches en posant des milliards de questions. Soit je me reposais, le regard perdu dans les immensités intérieures.

 

À l’entrée de l’école, et jusque vers l’âge de 10 ans, j’avais appris à me munir d’autres points de départ que le nœud de bois, pour mes échappées diurnes m’évitant l’ennui.

 

L’ennui c’est qu’elles apparaissaient parfois en classe. Et les retours étaient tragiques. La maîtresse m’appelant et m’appelant, et toute la classe riant, criant au fou. Jusqu’au jour où, excédé, un prof me secoua. Puis m’envoya pour son grand malheur en pédopsychiatrie faire un test de QI le ridiculisant. Mais le mal était fait.

 

De même qu’il faut éviter de me secouer quand je vais de nuit pisser dans la poubelle, ou que je me retrouve malencontreusement dans un lit et avec une personne inadéquats, comme ça m’est arrivé, ou que la porte d’entrée ouverte au lever indique que j’ai été me promener, alors que je dors à la nordique, et me réveille avec des traces de griffures aux jambes … redoute depuis tous sourires du voisinage, de même avec cet état d’auto-hypnose profonde en classe, il est probable que ce soit depuis là que je suis un peu secoué.

 

Au point que j’ai alors pratiquement perdu cette faculté de voyager en éveil dans l’astral. Et je pèse mes mots, ce n’étaient pas de simples rêveries imagées, mais un univers parallèle se traversant avec une forme de conscience maîtrisée.

 

Ainsi, en mes voyages intérieurs jusque vers 10 ans, il m’arrivait fréquemment, n’étant pas sportif, de jouer au tennis avec mon double, également tout de lumière vêtu. Et dans le vrai monde de l’école une amitié s’était créée avec un garçon très proche du double-frère-ami astral. Qui, faisait du tennis avec sa grande sœur.

 

Je lui demandai si je pouvais essayer un samedi matin. Il accepta, persuadé que je serais ridicule, et effectivement. Mes compétences au tennis seraient la clé du début d’une amitié, j’avais tout misé sur ma présentation, surtout pour sa grande sœur. J’étais tout de blanc vêtu. Il avait plu. J’entre sur le court. M’étale dans le gore rouge. Rouge de honte, rouge de sable, rouge de trop rire.

 

Nous devenons, dès cet instant, inséparables pour des années de communes bêtises. J’ai beau lui expliquer mon truc, que je maîtrise encore parfois, rien à faire. Certains soirs je lui rends visite par la fenêtre, à 1km de distance, je survole chaque détail des toits, vais où je veux, fais ce que je veux, contrôle parfaitement mes déplacements astraux, sais que n’ai pas le droit d’en abuser. Que si un sentiment négatif arrive, de cupidité, d’atteinte à qui ou quoi que ce soit, je serai immédiatement aspiré vers le retour sur terre. Il suffit de veiller à ne rester que dans la perfection absolue, l’innocence et les jeux.

 

En parallèle, je rêve certaines nuits que je survole des contrées magnifiques, mais là je sais toujours que je rêve, que je démêle le ressenti diurne, et en profite pour tenter de diriger mon vol. Mais ça ne fonctionne jamais. Dès que je commence à planer au-dessus de ma cité natale, à coup sûr j’atterris dans des barbelés, contre une paroi, ou je tombe comme une pierre et me réveille. Pas moyen de conduire le rêve du sommeil. Ces deux mondes-là sont tout différents. L’un est d’une clarté indescriptible, à jamais gravé comme égrégore en mes mémoires, l’autre ne laisse que de vagues traces au réveil.


Mais, soit dit en passant, ne sachant plus voyager dans l’astral, je suis aux anges une fois tous les trois ans, en moyenne, comme  pour la fréquence de mes impudiques crises de somnambulisme, quand je rêve de survols, même finissant mal. Mais bien moins mal que quand j’étais enfant, ayant gravé depuis en mon subconscient que si je vole c’est que je rêve, donc que rien ne peut m’arriver. A double tranchant, cette suggestion doit avoir bouché d’autant plus le tunnel dans l’armoire.

 

Bref, vers mes 10 ans, à force de s’espacer, les voyages intérieurs, et leur peuple surtout, commencèrent à me manquer cruellement. Je me plongeai dans toutes les recherches et aventures possibles. Commençai à  dévorer myriades de livres, faire de la « musique » jusqu’à jouer correctement de l’accordéon, faire du sport pour méninges jusqu’à devenir champion régional aux échecs. Le « Salut les copains » de la grande sœur remplaça vite le « Journal de Mickey ». « Pilote » et « Tintin » égayaient encore mes mercredis que je m’enfournais dans les « Freaks brother’s » « Mad », etc entrecoupés de Vernes, Huxley, Sartre, Allais, Poe, Livres Saints, Cayce, Homère, Voltaire … Mais rien à faire. Aucun voyage imaginaire ou réel ne me permettait de retrouver « les miens de l’autre côté » en m’évadant entre les lignes.

 

Même en me noyant au fond du lac Saint-Point, quand ma sœur, celle d’ici, me remonta juste à temps par les cheveux, je ne vis que de l’eau remuée, ne ressentis que ma perte d’orientation entre le haut et le bas du lac. Pas même une luminescences annonçant l’entrée du difficile tunnel vers l’astral.


Idem lors des tortures subies le vendredi 13 janvier 2012, et plusieurs autres fois où ma vie ne tint plus qu’à la crispation d’un doigt sur une gâchette. Six aux dernières nouvelles. J’avais occulté le père Bachman et son fusil. Fou furieux que mon ami, contre mon avis, ait joué sur son tracteur. Ami devant lequel je m’étais placé et pour lequel je m’étais accusé et excusé face au canon du fusil.


Jusqu’à l’arrivée de la police, excédée par l'irascible paysan ne cessant de braquer les intrus sur son rupestre territoire. Police qui l’engueula copieusement, avant de nous envoyer jouer ailleurs et d’entrer goûter à sa gnôle.

 

Même bénéficiant du recul et de l’incroyable Paix intérieure que provoque l’ouverture brutale des vannes d’adrénaline, engendrant flots de dopamine, andomorphine, etc … Même au seuil du retour final involontaire vers l’autre côté bien-aimé : rien de bien paradisiaque à signaler.

 

Las. À treize ans et des poussières je n’en pouvais plus. J’avais certes été rassuré par les témoignages d’époque relatifs à l’immobilité prolongée de Socrate, même sur les champs de bataille, dont la prestance éloignait d’elle-même tout ennemi. Je n’étais pas seul à avoir découvert cette clé de « l’autre côté », que je voulais par dessus tout retrouver. C’est alors que je m’envolai en lecture sur les expériences d’Hofmann, de Thimoty Leary, Aldous Huxley, etc, relatives aux hallucinogènes.

 

Je n’étais pas si loin de Bâle. Avais entendu qu’en un infâme bouge appelé Siby, au pied des escaliers de la prison du Lonhof, se vendait absolument de tout. A chaque table sa spécialité: Opium, choix d’hallucinogènes, cannabis, avec balances, sachets, etc …

 

Les parents me laissant l’après-midi libre je pris le train, billet payé et dix francs en poche, pour acheter deux grammes de ce hachich qui paraît-il faisait planer … et là je reviens au présent pour ces faits passés. Faut pas pousser avec les temps, pas trop le temps pour ça : J’ai donc 13 ans ½ mais en parais au moins douze, ai économisé l’argent de poche pour un billet de train aller-retour et un achat de 10.- susceptible de me servir de nouvelle clé à nœuds dans le bois.

 

Un escalier raide et sombre, des odeurs bizarres alentours, de la super-musique américaine à l’étage. Je redresse les épaules, lunettes noires sur le nez, je monte. Ambiance glauque à souhait. Lumières tamisées, sono principalement rock à fond, une trentaine de personnes. En majorité des Hells-Angels. Par petits groupes autour de tables bien garnies.

 

C’était vrai ! Bâle avait déjà depuis longtemps une tradition laxiste face à toute chimie dans la Cité, en hommage à Paracelse peut-être. Mais voici là, devant mes yeux de pré-ado, les sachets de poudre-ci, les plaques de shit-là, l’opium coulant sur le bâton, en mélasse ou solide, au choix, et plus loin les minuscules « bonbons » et buvards de toutes les couleurs … Nous sommes en 1969, année hermétique.

 

Je crache, l’air mauvais, à l’hirsute malabar clouté le plus proche, un rauque : À peu près : « Grüetzi mec, t’as zwei grammes de shit à me verkaufen ? » (Je mastiquais encore pas mal la langue de l’ennemi à l’époque).

 

Le dangereux me scrute et scrute encore et me fait en parfait français : « Tu crois que t’as l’âge ? ».


J’ai préparé mes quasi-larmoyantes armes : « Non non, c’est mon grand frère, il a ses examens bientôt et il aimerait tellement se calmer les nerfs, mais il bosse et .. » « C’est bon, tu prends une plaquette de 200g alors, ça te fait juste 1'000.- quel que soit ton choix, des qualités exceptionnelles, sens ça .. » « Euh, non, j’ai juste 10.- pour deux grammes ».


Énorme éclat de rire de tout le motoclub de la mort observant du coin de l’œil. « Désolé mon gars mais ici on ne fait aucune découpe la journée, c’est marqué là ». Effectivement, l’écriteau me rassure un peu .. ils ne découpent pas …

 

Je m’excuse et m’apprête à partir, quand, vers la porte, un jeune d’environ seize ans, pas rocker du tout m’appelle, et me montre en douce les minuscules pastilles orange qu’il vend. Il me dit que si je veux de la découpe il faut venir le soir, mais vu mon âge il ne vaut mieux pas. Que j’ai de la chance que ce soit un début d’après-midi où ils ne sont pas encore trop bourrés à la coke et au schnaps.

 

Et qu’à la place de l’herbe, si mon frère veut vraiment s’envoler, je lui achète pour 10.- un double Sunshine explosif, c’est son nom, acide qu’il va prendre en deux fois (8h à 12h) avec en tous cas 6h où personne de non voyageant en dehors de moi ne doit le voir. Le jeune Bâlois me délivre alors une sorte d’ordonnance d’utilisation qui peut-être me sauva la vie plusieurs fois.

 

Quand au-delà des plaisantes visions colorées mouvantes et sons biscornus, plus loin que les pénibles chaud et froid simultanés, les demi-mots d’appels de proches, après les griffus et les crochus, commencèrent à m’assaillir, exempt de tout frère susceptible d’aider, les horreurs, terreurs se propulsant en ma direction sous forme d’araignées géantes et hurlantes.

 

Il est plutôt vitalement utile, en ces moments-là, d’avoir tout au fond de ses délires un souvenir fixe : du visage de jeune dealer français au Siby articulant : « C’est très fort, du LSD 50 avec un peu d’amphétamines, ce sont des Sunshine explosifs, surtout à cause des couleurs et des lumières. Quoi qu’il arrive, tu contrôles, tu dois contrôler, tu peux contrôler, c’est toi le maître. Mais prépare bien ton voyage à l’avance, à boire et à manger, de la musique douce …»

 

Je me ruais alors sur mon cassettophone, passais 5mn à rembobiner la bande magnétique ayant comme toujours « fait de la friture » et jaillissait Mozart, et toutes les beautés et bontés de l’univers.

 

Durant quelques secondes ? Minutes ? Heures ? J’étais en un paradis. Mais pas le bon. Fascinant, délectable par petits moments, mais où j’étais forcé d’apprécier des sensations sans pouvoir les diriger à volonté, et seul à jouir de ou affronter tout ça. Excepté en de rarissimes exceptions. La mescaline jaune en poudre, passant entre les pores de la peau quand on y trempe la main, dans des champs fleuris du Jura en été, avec les chants d’oiseaux s’accordant en Harmonie Universelle, Symphonie Naturelle d’une absolue Perfection, si ouïe autrement : Très proche des extases astrales, inoubliable. Marquant, mais pas pareil.

 

Même ressentant chaque pas comme de sept lieues, jouant à caresser les petites forêts venues à ses pieds ou à scruter sans peine chaque micron d’une coccinelle, à goûter aux délices de pouvoir compter jusqu’à dix entre une seconde et l’autre de temps réel sur montre, de le maîtriser durablement. Et surtout d’aller sans problèmes parler avenir avec des parents étonnés par un fiston si rayonnant. Absolument rien ne pouvant laisser extérieurement imaginer que ledit rejeton est totalement halluciné, voit des milliers de lueurs inconnues, entend des musiques paradisiaques, mais entre le temps qu’il faut généralement pour répondre à une question, il étudie facilement cinq ou six réponses possibles et choisit la meilleure. Preuve personnelle absolue, définitive de l’existence d’une réelle relativité du Temps et d’univers parallèles invisibles généralement.

 

Ah ! Les envolées dans le Jura ! Muet comme une combe. À l’aube. Nous voyageons alors à deux sur la petite musique de nuit de Mozart. D’emblée, sachant que la première heure d’un acide, celle du Freakout est la plus violente, nous démarrons sur du velours. Si délicatement que, nullement effrayées par Mozart, des biches sortent des bois.

 

Oui oui, faudra l’analyser cette dernière vanne. Une autre fois. Et nous passons par toutes les gammes du bien-être en observant papillons, oiseaux, lièvre, biches, depuis le mirador à affreux absents chasseurs, que nous occupons en écoutant doucement les meilleurs classiques, et Pink Floyd, Moody Blues ... durant une éternité. Très proche, mais toujours et de loin pas celle connue.

 

Bref, le regretté copain et petit-cousin qui m’accompagnait sur cette boule liquide de LSD 25 pur, ce matin-là, et pas mal de mercredi après-midi à l’absinthe ou pire si possible, ayant remplacé les jeux de Mickey, cet ami en tout bien tout honneur découvrit également ce jour-là un état s’approchant de l’univers paradisiaque d’après le meuble de bois. Possiblement celui où on le retrouvera toutes et tous un jour. En ce pays que l’innocence me permit si longtemps de fréquenter.

 

N’en déplaise à Diane chasseresse, cet ami s’appelait Hermès. Messager au passage trop rapide des dieux du voyage cérébral à risques accompagné. Il s’approchait beaucoup de mon double de l’astral mais était, lui, « normal ». Passionné pareillement par l’expérience des Anciens et ses similitudes à notre époque. Ce n’est que quelques années plus tard que l’univers concret m’offrit de rencontrer Hélio, préfigurant en ce monde mon double-ami-frère solaire, à la fois semblable et à l’opposé de moi, avec qui existe une symbiose époustouflante, surprenant chacun depuis plus de 32 ans.

 

Ainsi explorai-je les confins de la folie, goûtai-je à la Source des Fondements universels le Nectar d’omnipotence, et affrontai-je les pires monstres intérieurs des dizaines et dizaines de fois. Jusqu’à comprendre que je devais cesser de vouloir retourner me battre avec les nœuds d’une armoire de bois ayant cessé de me laisser passer. Mais paraissant, dans la vie de chaque jour, concrétiser en ce monde à travers moi certains aspects du règne astral.

 

À peine adulte, je commençai à voyager sur Terre le plus possible, et dans les airs mais soutenu par une carlingue. Je cherchai, expérimentai les plus mystiques techniques, découvris des états agréables, entrai souvent en les gammas mais jamais n’y retrouvai à nouveau la sortie vers plus haut, plus profond, plus proche et lointain simultanément.

 

Bien évidemment, le passé reste toujours plaisant à évoquer, mais qu’en est-il aussi du présent et du futur ?

 

Probable que mes fidèles lectrices et lecteurs-ci ont même cessé de s’impatienter. Depuis des années que ma prochaine publication-papier est en préparation et promise pour bientôt. Ainsi, alors que j’avais aimablement proposé au médiateur de cette plateforme d’en rédiger la préface, cela ne se fit point. Ceux-là qui jadis me prièrent de quitter l’anonymat relatif, pour être admis parmi les invités de la TdG, commencèrent à me censurer partiellement dès que je m’exécutai et révélai ma véritable identité.

 

S’ils avaient pris la peine de parcourir le manuscrit relié remis à la réception il y a deux ans, ils auraient découvert que, contrairement à ce qui figure sur ce support, rien dans ce livre n’est à même de choquer vraiment le lecteur. Ces réactions hostiles me perturbèrent, et si mon bien-aîné éditeur, s’accrochant à la vie en grande partie pour voir cette parution en librairies, si cet honorable écrivain de réputation internationale et d’aucuns de ses illustres amis devenus les miens n’y tenaient tant, j’aurais purement et simplement abandonné ce projet. Et l’inédit d’environ 150 pages aurait rejoint les dizaines d’autres dans les mètres linéaires de classeurs de mes archives encore inconnues. Dont l’évidente valeur ne sera certainement révélée que dès qu’auront fini de me faire crever dans le stress et les privations les charognards gestionnaires de condition de vie, sachant très bien dévaloriser, ignorer artificiellement les œuvres hors-normes et ruiner l’existence d’un artiste, pour en tirer un maximum après son décès.

 

Évidemment, même si mon bien-aîné ami des Lettres renonce un peu à sa bonne intention, consistant à ce que j’améliore encore et encore cet ouvrage, et que je sollicitais le « coup d’envoi indispensable » auprès de renommés personnages membres ou non de l’association que je préside, tout irait vite. Mais j’estime que ce n’est pas à eux, ayant prouvé leur extraordinaire ouverture d’esprit face à de virulents écrits avec lesquels ils ne sont pas nécessairement toujours d’accord, de faire le premier pas. Ni à moi. Peu m’importe d’être ou non publié « officiellement ». Je suis un créateur pas un vendeur ou publiciste. La reconnaissance due à mes authentiques voyages littéraires doit venir de ceux que notre Société paie très cher, dans le but de soutenir les talents évidents.


Ceux-là même qu’ont enrichi à sens unique à ce jour plusieurs centaines de milliers de francs de ma contribution forcée. Ceux-là de la Culture municipale, cantonale, fédérale, que je dénonce pour incompétence grave et prévarication. Que je somme de se prononcer, de cesser de se cacher derrière de kafkaïens formulaires supplicateurs, qu’un Artiste a autre chose à faire que remplir et soumettre au marchandage de leur arbitraire subjectivité.

 

Et en attendant, je vais de l’avant, crée et invente tant que le puis. Leur livre même ici quelques aspects d’autobiographie dont ils sont si friands pour étiquetage, catalogage mercantile. Et mieux encore, je leur décris jusqu’à mon quotidien. Voici pour exemple qu’une idée peu banale vient de me parvenir, pour finaliser l’ouvrage-papier en question d’une manière particulièrement peu courante, mais pas inédite quant à la forme. Qui devrait réjouir mon bien-aîné souffrant, à qui il m’est malheureusement impossible de rendre visite ce jour. Je lui en réserve en primeur la surprise. Je dois juste auparavant retourner à Carouge voir la sympathique maman de Joël Dicker.

 

Oups. Avec un tel indice, bien cher ami allongé qui me lis, tu risques de comprendre la vérité sur l’affaire où je veux en venir. Désolé de devoir prolonger ton impatience pour 24h, mais tu verras comment je compte fignoler ton travail et le mien.

 

Désolé, chères lectrices et lecteurs, j’avais presque oublié sur quel support je me trouvais. Et dans le fond, est-il absolument nécessaire que l’écrit, comme la vie, soit toujours pareillement véritable  et drôle ? ça se discute.

 

Les amusements, finesses, subtilités des êtres du monde astral ont déteint à jamais sur l’expression de ma réflexion. N’est-ce là l’essentiel ? Faut-il pour autant en abuser ? Près d’un demi-siècle a défilé sans que jamais plus je ne puisse à plat ventre, bras en avant tractant le corps, traverser le nœud de bois ou coin de classe, et finir à volonté par revenir en douceur en ma chambre par la fenêtre, souvent accompagné jusque là d’êtres lumineux. Pour reprendre conscience du concret rarement oublié, à peine laissé de côté avec alerte en cas d’obligation de revenir rapidement. N’ayant pas toujours fonctionné.

 

C’est regrettable en ce sens que je me suis énormément détruit la santé à tenter de retrouver l’univers d’antan si familier. Ne serait-ce que les yeux, les mettant encore parfois en condition de départ, parvenant à les brouiller par extrême fixité mais ne pouvant plus ensuite passer  plus loin que la matière. A peine parvenant à faire disparaître par moments de mon regard figé un objet posé devant un mur blanc. Comme presque tout le monde.

 

Vaines tentatives. Avant, comme à présent, d’intégrer une fois pour toutes l’évidence de l'existence de Consciences supérieures, ne se fréquentant qu’en réelle innocence encore subsistant, ou retrouvée comme méritée après la vie d’ici.

 

Avant d’avoir compris qu’il est vain de passer bonne part d’une précieuse existence à vouloir précipiter les visites à la Source Fondamentale, en se perdant en les dédales du bas astral. Il est faux de s’exploser les neurones aux Sunshine orange & Cie, en imaginant que les pointes extatiques de la réaction cervicale aux agressions de l’acide, puissent préfigurer ne serait-ce que la grotesque caricature des incommensurables sensations du Haut astral. Dont personne jamais ne parvient à forcer l’accès sans y être invité, extirpé des roches du conscient par les plus douces de toutes les mains des univers.

 

……………………………….

 

Quoi qu’il en soit : Ânes à liseron ? … Ânons, je les en prie : éviteront à tout prix de mastiquer les périlleuses graines du volubilis, à ergine LSA si proche du LSD. Cette Ipomoea purpurea (L.) Roth si répandue, et pire encore, potentiellement tueuse, l’effroyable datura. Ouvrant sans préavis ni contrôle possible toutes portes des pires terreurs intérieures. Aucun paradis, même le plus beau de tous jadis arpenté, ne justifie que l’on subisse de pareilles horreurs à sa recherche.

 

Autant supporter une vie durant l’enfer des autres, ceux-là privilégiant généralement médiocrité traditionnelle, plutôt qu’estimant à leur juste valeur d’intrigants trésors d’ingéniosité, dont la provenance et profusion échappent au simple entendement.

 

Je me dirige inexorablement, années après années, toujours plus près des nœuds de bois et têtes idem à traverser. Le jour viendra où seuls mes mots continueront le chemin qu’ils ont tracé. Quelle que soit l’heure qui arrivera, peut-être, plus rien ne peut déjà les arrêter chez ceux qui s’y sont intéressés. Mission en bonne partie remplie.

 

Le plus possible dans la joie salvatrice. L’humour étant à mes yeux le médecin de l’humeur.

 

Que l’ignorance contemporaine majoritaire soit enfin empêchée de condamner ce qui la dépasse …

 

Ali GNIOMINY

 

Et inutile de rouspéter qu’on aime mieux les entrefilets drôles qu’une fondue de vérités comme ça ! Je n’entendrai rien ! Pour rappel : Le Guiness Book peut en témoigner. Mes oreilles rétractiles n’ont trouvé aucun autre terrien compétiteur, donc aucun record n’a pu être établi. Qui restent bouchées au besoin à volonté et reprennent leur position initiale à la demande et sans aide manuelle.

Dommage que le trop bizarre, le trop nouveau, trop différent fasse toujours, tellement à tort, si peur aux conducteurs du commun des mortels.

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