10/04/2014

L’ESCARRE ! CELLE CULTURELLE !

Ne point cultiver assez d’urbaines parcelles pour y planter des végétaux peut engendrer de graves conséquences. Parant à l’urgence en matière de cultures d’arbres à implanter, voilà que le fiston de l’un de mes toubibs, point allergologue et c’est à déplorer, offre pour encombrants cadeaux à la Ville de Genève : Des rangs de troènes !

Comment, vous ignorez ce que sont exactement les troènes ? Souvenez-vous, si vous avez la mémoire respiratoire : C’est cette espèce d’hara-kiri japonais qui se pratique au niveau des bronches : Ces jolis arbres provoquant allergies de proximité.

Une sorte d’indéracinables à ne toucher qu’en prenant des gants.

Troènes qui, sur mes sinus, en-dessus de l’arcade gauche, m’infligent systématiquement une douleur violente et persistante, comme barre, à zone limitée.

Jadis, seul le Dexarhino-Spray, à cortisone, me permettait de faire éclater le bouchon d’allergènes. Instantanément, un sifflement audible à un mètre survenait, la douleur disparaissait et la respiration était à nouveau libérée. Mais ce spray semble avoir  été interdit, n’est plus prescrit, trop efficace … ou plus vraisemblablement dangereux sur le long terme. Bien que je n’aie jamais pris de poids ou autres désagréments de la cortisone, apparemment. Ainsi, depuis une décennie, je n’ai plus que le sérum physiologique … et les larmes pour pleurer.

Bref : Sous le gui, au mois de juin, les amoureux ne risquent rien. Mais sous les troènes, trop .. énervés, ils peuvent toujours aller se gratter.

En fait, imaginant que la beauté de ces troènes apporterait à l’esprit une sorte de paix d’essai, telle l’anguille au moment du frai, notre silvestre Commandeur crut bien faire en important pour si bon marché ces troènes de Fukushima.

Non, là je me fais honte, pardon. Persuadé que l’élu mit nœuds entre le site contaminé et l’île aux troènes, d’où ces pousses proviennent. Juste après la limite où cessent d’exploser les compteurs Geiger.

Or, à présent qu’ils sont plantés, qu’évitent soigneusement les petits chiens qui à leur approche jappent, au nez et à la barbe de leur maître, faisons avec. Il ne s’agit somme toute que du renouvellement de l’erreur navrante, commise d’antan par l’embellisseur élu Ketterer, paix à son âme. Avant même qu’il ne m’ait snobé tout autant que les actuels tenants des cordons de l’escarcelle culturelle.

Certes, j’aurais facilement pu maintes fois toucher des bourses, comme tant d’autres accepter les procédures en vigueur. Mais ce n’est à l’Artiste, j‘en suis persuadé, de quémander ce qui lui est dû, ou de chercher à se vendre, perdant sinon trop précieux temps d’essentielle création.

C’est aux vendus ayant trop longtemps déprécié l’évident phénomène de se racheter, en soutenant sans condition ses talents et mérites. Même si lesdits décideurs, à choix traditionnellement acheté par la Finance, doivent agir dignement, payant enfin le prix des conséquences de leurs trop gratuites estimations passées.

Et, désolé si cette crise d’allergie-là n’a rien à voir avec les troènes, et si cette omertite aigue a toujours tendance à prendre le dessus n’importe où, n’importe comment.

………………

J’en parlais encore hier à mon fort souffrant bien-aîné éditeur, perpétuellement désireux d’améliorer et d’améliorer encore mon ouvrage à paraître … une fois la perfection atteinte … bien-aîné éditeur ne pouvant comprendre mon peu d’empressement depuis deux ans à lancer la promotion de cet ouvrage, alors qu’un nombre assuré très important de lecteurs l’attendent et sont prêts à l’acquérir. A condition … que je réalise que le niveau de mes écrits n’est abordable que par un nombre restreint de lecteurs, vous, plus cultivés que la grande majorité. Et que pour toucher le reste de la population, il convient que je supprime certains de mes jeux de mots, ou les explique, horreur, applique un titre et non un autre, etc … Si je veux que ce soit le succès mérité.

Ce à quoi je lui ai rétorqué le fond de ma pensée et manière d’être : « Je vise essentiellement à la qualité de mes lecteurs, non à leur quantité. Ce n’est ni de ma faute, ni à moi de vulgariser une excellence à laquelle ces amateurs ou spécialistes aspirent.»

Tiens, ça pourrait faire un bon bouquin des phrases comme celles-là.

À ne jamais attribuer …

Ali GNIOMINY

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