08/02/2014

CRIS MINENT ... ALITÉ

Allongé, de terribles cris de mon lointain passé me minent la Conscience. Qui me ressassent abominable crime que commis. Bien qu’à titre salvateur.

Il me souvient de mes 12 ans, des hurlements de ce pauvre chat sur la route, dont l’arrière du corps était écrasé, aplati par un camion. Alors que, revenant de « la cabane de la petite forêt », j’avais une pelle dans les mains. Le premier coup, de toutes mes forces a dû le tuer. Mais il fallut que je m’acharne sur la tête d’un animal que j’adore, pour être certain d’être parvenu à mes fins d’exterminateur.

Ah! Que n’ai-je vécu déjà en cette mienne de vie ? Que n’ai-je confronté pour terreurs dès l’enfance ? Soucieux de m’exposer à l’effroi, dans le but de tester et démontrer enviable courage. Ainsi, dès l’âge susmentionné, j’affectionnais les promenades en solitaire et dans la nuit complète, en les immenses souterrains d’une usine. Dont le père d’amis était concierge. Amis restant généralement au seuil de ces sinistres catacombes de tours automatiques … d’où provenaient d’étranges bruits, certains soirs de lune noire …

Bruits intenses, effectivement ce dimanche-là, en l’absolue opacité en laquelle je tâtonne. Puis crie, constatant qu’il y a effectivement quelqu’un. Qui déjà projette dans ma direction un petit wagon de transport de matériel lourd. Que j’entends arriver et esquive de justesse, avant de détaler vers une sortie. Le voleur est arrêté quelque temps plus tard, s’étant construit un atelier d’horlogerie avec les éléments dérobés années après années.

Ah, l’ignoble crampe qui saisit le ventre, l’érection de tous poils, les tremblements incontrôlés, puis l’admiration générale, quels délices de l’adolescence. Vers les 14 ans ½, disposant déjà d’un local de musique où mes parents me laissaient dormir parfois, réunion était programmée à la pleine lune au cimetière à minuit. Sur sept, nous étions trois en lice à escalader le portail, deux à avancer plus de 10 mètres avant de renoncer, et j’étais seul après vingt mètres à me promener entre les tombes. Et en revenir vivant.

Aucune atteinte à la paix des morts, cette fois-là. Pas comme ce fameux jour, plus proche de l’épisode du chat que de celui du cimetière à minuit, où j’escaladais l’une de ces failles géologiques escarpées, tapissées d’empreintes de dinosaures, qui sont la fierté de ma région natale. Me hissant avec peine sur un surplomb de la petite cascade sise derrière un tunnel naturel, endroit perdu où j’aimais de temps à autre aller relâcher ce que libido d’ado réclame, je découvre la place prise. Pour une raison bien moins agréable.

L’hiver est passé par là. Durant lequel il est impossible de grimper jusqu'à mon monde secret, alors verglacé. A cet endroit étroit, que surplombe à-pics de montagne fendue en deux.

Le squelette, déjà presque entièrement nettoyé par les nécrophages, d’un jeune bouquetin.

Alors que cet animal ne vit généralement, au plus près de là, qu’au Creux-du-Vent, à une bonne distance. Ni une ni deux, je pense à la Science. Où, plus sincèrement, à l’effet que ça fera quand je ramenerai ça au prof d’Histoire naturelle.

Et me voici, à l’aide de mon poignard émoussé, prenant soin de ne rien toucher de mes mains, en train de découper la tête du cadavre, vider par les orifices les restes liquides rosâtres de cerveau, emballer le tout dans les mouchoirs prévus pour une autre fonction, et enfermer le tout dans un sac plastique à toujours emporter en forêt sans jamais l’y laisser.

Ma morbide trouvaille fit son effet. Craignant d’être tenu à l’écart en prenant une réputation de nécrophile animalier, je fus au contraire félicité et remercié pour cet apport à la connaissance des déplacements de ces animaux.

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La Peur, la Mort, l’Amour, drôles d’impressions. A fondements tellement obscurs. Il est grand temps que je rachète mes crimes précités, en sauvant une majorité d’êtres, même n’en faisant pas partie, ayant peur de mourir sans amour.

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Ainsi : Quel laboratoire scientifique machètera l’invention du siècle en matière de facilitation des contacts humains ?

Ce très simple détecteur d’agitation d’hormones ambiantes. Qui permettra de savoir immédiatement au sein d’une foule, qui est « en chaleur » et qui n’est alors aucunement disposé aux galipettes.

Système reléguant Facebook (teint) et autres obsolètes supports de drague, (inefficaces quand les partenaires éventuels ont « bien autre chose que ça en tête pour le moment ») aux oubliettes.

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J'observe, par ailleurs, que vous ne semblez pas avoir pris conscience de toute la gravité de mes hideux actes avoués. Imaginez, à l'heure actuelle, que vous voyez un gosse en train de massacrer un chat avec une pelle. Il passerait en maison de correction avant d'avoir pu expliquer que c'était pour abréger les souffrances d'un animal agonisant, sans aucun espoir de survie.

Et en Italie? On ne badine pas avec le traitement des matous. Une femme officier-Médecin risque, elle, un an de prison pour avoir sauvé une chatte en détresse.

Non, non, pas sur mon promontoire ni de la même manière.

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Allons, j'ai ... évoqué pour m'en moquer sans trop choquer, fait resurgir ces souvenirs stockés, vous démontrant que je ne prends la vie, la mort, qu'à grands efforts, sans grande envie, jamais à tort.

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Ceci dit, évitant essentiellement de porter préjudice à toute créature vivante, de l'insecte jusqu'au pire des politiciens, même s'il paraît fondamentalement nuisible, je préfère toujours, plutôt que de l'écraser, glisser une feuille de papier sur le sol qu'il touche à peine, le soulever sur cette feuille et le jeter simplement dehors.

Aussi, j'essaie systématiquement de trouver ce qui peut excuser le fait, pour ces bestioles, d'être si répugnantes. Mais n'y parviens pas toujours. Pour exemple, avec le Vitus Grisoni Churus Cretinus, ce sacré parasite qui m'insupporte particulièrement. C'est ainsi, l'on n'aplatit pas toujours qui l'on veut, même si on le peut, dans la vie. Et l'on n'a pas non plus à se laisser écraser au nom de mensongers "Crimes pesant sur la conscience", et autres "Fautes blâmables" en regard de critères dégradants et en voie d'extinction.

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Stop ! Un billet sans revendications, m'étais-je dit. Afin d'alléger l'impression laissée par l'article suivant, et bien d'autres. Un billet juste pour exemple de l'écriture que je préfère, à laquelle j'ai besoin de parvenir à me livrer sans contraintes, et que vous préférez de loin aussi, j'en suis persuadé. Cette évocation des ambiances et faits authentiques d'un vécu peu commun, tout sauf triste bien qu'assez tragique. Cet enseignement alors dépourvu de piques acerbes et autres crises de nerfs épistolaires, qu'impose toute guerre opposant authentique Artiste, n'ayant pas à s'abaisser à leur niveau, aux partiaux, formatés découvreurs-vendeurs-diffuseurs-corrupteurs d'oeuvres hors-norme.

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Et voici qu’une erreur de manipulation lors de la publication me fait perdre définitivement la fin de cet article, sans aucune sauvegarde, j’en suis vraiment désolé.

En gros, je vous souhaitais une fin de semaine de fédérales érections des plus paisibles, et ajoutais la légende, dont je me souviens, de cette photo :

DSC_4098.JPG

La Grèce est si pauvre que cet habitant, se croyant en Egypte, est obligé d’aller très loin chercher les pierres pour sa pyramide.

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Oncques ne vous conformez ...

Ali GNIOMINY

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