03/11/2013

PAR AILLEURS, SUR LA HUNE DU MÂT TEINT :

Stan et Roger, épatez-nous !

 

En vue, d’ici peu :

 

Stan et Roger ? Eh : Patauds-nés !

 

Mais: Voulez-vous une vraie histoire de patauds ? La voici :

 

HEIN ? TENDANCES ?

 

Aussi méchant que laid, ce concierge ne parlait. Il aboyait et humiliait, cachant sa haine, comme sa bedaine, de dégoûté par la beauté de nos minois si indécents d’adolescents merveilleux, à ses yeux sans foi ni loi.

 

Car, par hasard, c’était bizarre, ce navet n’en avait qu’après nous, nous à attraits si jolis, nous si polis qui, exquis sous ses lorgnons, évitions ses gnons.

 

Allons, allons : Brûlons un cierge (de poche) pour ce concierge moche.

 

Sa vie à l’affût ne fut hélas pas rose, et je passe à la prose :

 

Or, ainsi que le veut la sélection naturelle, deux-trois amis et moi étions les plus beaux de l’école, qui restions en clan avec les plus belles filles, avec généralement qu’une ou deux seules exceptions moins resplendissantes ou carrément pas du tout, toujours avec nous. C’est terrible et affreux, mais nous sachant mini-modèles, nous montrions souvent le plus mauvais exemple, petites gueules d’anges par devant, sales garnements se permettant tout. Comme d'inviter ami(e) à se saisir du magnifique cierge de poche (trouée) qui gonfle la poche droite de son pantalon. Surprise et cris garantis.

 

Eh oui, même à vingt ans, lorsque je fus dégonflé par six personnes et photos, pour échange, sans faire d’autre gain qu’en consommation personnelle, de trois kilos de hashish et trente-deux grammes d’héroïne, à 30'000.- d’amende, puis à 3'000.- (car j’avais fait remarquer à la plus Haute Cour de Berne, qui éclata de rire et affirma que j’avais tout dit là du problème juridique en discussion, que l’Etat trafiquant avait dix fois intérêt au délit, s’il y a un vendeur, huit intermédiaires et un acheteur, et que tous dix sont condamnés sur le chiffre d’affaire délictueux total) … Condamné à six mois ferme avec sursis sur trois ans.


Je payai l’amende, me désintoxiquai seul de deux grammes en intraveineuse de Brown-Sugar, héroïne brune et strychnine, dans des souffrances innommables sous tente à Myconos, en buvant des litres d’eau chaude et en mangeant trois grammes de shit par jour, ne revins pratiquement jamais plus dans ma contrée natale et ne récidivai plus jamais. Car, croyez-moi, ce n’est plus à présent que le Commandant de la Brigade des stupéfiants du Canton de Berne me hurlerait au visage : « -Si tu crois que tu peux m’impressionner avec ta petite gueule d’ange- », puis à son tour, ce brave Monsieur le Juge Steulet, qui s’énerva alors que j’avais le culot que permettent les lois, de tout nier en bloc et de répondre, « -Oui Monsieur le Juge, je laisse ces Messieurs libres de leurs déclarations et n’ai plus rien à déclarer-» à la question : « -Donc, les six sont des menteurs, les photographies de l’échange à Lys sont truquées, seule ta gueule d’ange nous dit la vérité -? ».

 

Je consommais, ne volais, ne ne me prostituais, à 600.- d’alors par jour pour deux grammes d’héroïne, je n’étais que transmetteur avec menue commission en matière entre vendeurs et autres consommateurs. Ne pouvait m’être reproché d’avoir conscience d’atteindre à l’intégrité d’autrui en remettant ces drogues, ni d’en faire commerce pour de l’argent. Jamais, au grand jamais, qui m’a connu le sait. Je m’en tirai sans prison autre que la pire de toutes, pour expérience à tenter d’oublier sans effacement des séquelles, celle de la dépendance la plus dure aux plus violents poisons.

 

Bref, je disais donc qu’il est évident, qu’on le veuille ou non, que les jeunes les plus mignons se découvrent et fassent les quatre cents coups ensemble, ce qui frustre alors quelque peu les moins favorisés par la nature, dont l’aspect peut d’ailleurs changer du tout au tout plus tard. Dont un certain concierge d’école vraiment pas gâté, pourvu d’épouse et de deux rejetons d’idoine laideur. Pour lequel mon copain et moi en particulier, les plus souvent en retenue, étions les pires crevures de l’univers. Tout lui était bon pour nous haïr.

 

Et le pire arriva. Le jour où je découvris bêtement, dans les petits jardins bordant les entrées de l’école, un trèfle à quatre feuilles, puis deux, puis dix, puis vingt … Complètement halluciné par mon trésor je l’exhibai en classe, à la surprise générale, à commencer par celle du prof. Les distribuai. L’affaire se répandit comme une trainée de poudre. Et bientôt lesdits jardins furent ravagés … pour peu d’autres trèfles à quatre trouvés. Un mystère de la nature, que cette tache. Première fois où je semblais avoir de la chance, avant que par trois fois me soit prédite immense richesse … que j’attends toujours.

Bon, je suis immensément riche intérieurement et en amour, c’est déjà ça, il ne faut peut-être pas trop en demander. Riche, j’aurais dû l’être, à l’époque, lorsque l’abominable concierge voulait me faire payer le prix de la remise en forme des jardinets. Puis enfin, je m’en allai vers de plus hautes études delémontaines.

 

Vint ce terrible jour des barricades en feu, des tanks au loin, des grenadiers au centre-ville, des rues dépavées. Ils ont installé leur QG au bas de l’immeuble classé au sommet duquel je loue une piaule. J’ai passablement fumé, me fous de leurs conneries politiques, mais les lacrymogènes sont pénibles et ça pète de partout, le trip devient craignos. Je descends dans la cour. Le curé est en discussion avec le haut commandement, il nous recueille et parvient à nous faire traverser l’église, puis la voie de chemin de fer sans dommages. Je m’éloigne, comme pour rentrer, mais trouve, tout excité, un petit cousin, pierre en mains qui m’appelle à nouveau du côté violent de la ligne de chemin de fer. Je m’y aventure, le suis un peu contre mon gré dans une ruelle, tremblant de trouille et une pierre dans chaque main, au cas où …

 

Le plus écoeurant hurlement de l’univers retentit : « -Ici, je les tiens, ils sont coincés, … c’est lui, je le connais, c’est …(mon patronyme), il est armé !-» (deux pauvres pavés défensifs) » L’horrible grande perche ricanant est face à moi, mon ancien ennemi le concierge, qui me balance monstrueux coup de poing que j’esquive de peu. Il me ceinture alors, je lui envoie une tarte conséquente, le déséquilibre et détale comme une force née.


Deux hideux patauds grenadiers, bouclier et matraque levés arrivent à droite, et plus rapide, un flic « normal » qui parvient à nous prendre en chasse. Je ne vois plus rien, je fends le vent le nez flairant le coin obscur où se tapir. Je me planque en fœtus sous soubassement à poubelles, et cesse difficilement de ne plus respirer. J’attends, j’attends mon poursuivant. Rien, personne, je me risque à regarder au loin. Des uniformes en aident un, blessé, à se relever. Ils l’emmènent et le calme revient. Jamais ne saurai ce qui est arrivé.

Je parviens à rentrer chez mes parents, en sang et habits déchirés (que délaisseraient même hiérarchies de futurs miséreux). Mes géniteurs, fous d’inquiétude, soulagés par mon arrivée, font alors une chose incroyable, que jamais avant je n’aurais pu imaginer. Surtout depuis le dernier lundi de Pentecôte de ma vie où, du haut de mes moins de dix ans, j’enfilai mes plus beaux habits très tôt matin, pour aller cueillir des boutons d’or pour ma maman. Et revins tout fier et complètement crotté offrir les fleurs qui passèrent, de rage, à la poubelle. Avant des années de demandes d’excuse pour pareil geste.


Ainsi, sans le moindre reproche, mes habits furent méticuleusement détruits, et nous répétâmes en chœur la formule apprise en ces temps de conflit ouvert, pour la première fois en Suisse : « - Je nie tout en bloc, je laisse ces Messieurs libres de leurs déclarations et n’ai plus rien à déclarer-».

 

Voilà, adorant aller à contre-courant je n’ai aucune crainte à avoir à me mettre à nu. Au contraire. Tout se passe en fait entre nous, sur un support, comme dans une relation amoureuse. Si l’on commence par se mentir effrontément au départ, que l’on s’invente des avantages n’existant pas … le mensonge a les jambes courtes, comme dit un proverbe brésilien.

 

Mais si, dès le départ, l’on est clair et n’estime pas nécessaire de cacher ses zones d’ombre, si ce n'est par un très relatif anonymat, comme d’exposer à tous vents ses avantages, au risque d’en rajouter, si ce que l’on dit et vit est profondément intégré, mastiqué, réfléchi, que l’on a le courage de ses opinions comme la conscience de ses défauts, alors notre relation, même mouvementée, est réellement utile et preuve d’amour partagé.


Et pour l'heure on continue par un petit tour d’horizon :

 

…………………

 

La compagnie d’aviation Virgin America innove, avec une vidéo présentant les consignes de sécurité à bord de manière ludique, dans le sytle de la série « Glee », l’équipage dansant et chantant la manière d’attacher la ceinture, etc.

 

Ainsi Air New-Zealand (l’une des meilleurs compagnies sur lesquelles j’ai voyagé, excepté lors d’un sérieux risque de crash entre Auckland et Sydney) détenait auparavant le titre des consignes de sécurité les plus originales, dans l’univers de Tolkien, mais est détrônée.

 

Et le sera d’autant plus que Swiss se lance dans la compétition : Fini la vidéo, on revient aux forces vives de l’aviation : Les consignes seront yodlées par l’équipage vêtu, les hommes en armaillis et les dames en Heidi, ou l’inverse puisqu’il semble tellement que … (Oh, la langue de vipère ; foin de stigmatisation) et les passagers ébaubis se faufileront jusqu’à leur siège en exécutant une danse des bûcherons, consistant à enjamber les nombreux cors des alpes en action.

 

Sont remerciées pour leur désintéressé sponsoring, les Sociétés Ampliphon, Sonoplufort, Durdlafeuil, Jean Tenmieu, fabricantes de prothèses auditives.

 

…………………..

 

Pardonnez-moi, cependant, si je trouve d’une tristesse inqualifiable, à vous tirer les larmes, ce qui se déroule sous mes yeux depuis deux jours. Nous sommes tous endurcis à outrance par l’énervement provoqué au contact quotidien d’un nombre croissant de vagabonds mendiant dans nos rues, mais la réalité de la vie et des souffrances de ces esclaves des temps modernes nous échappe souvent.

 

Ainsi, comme 2-3 fois par semaine à la nuit tombée, deux gamins de 8-12 ans, accompagnés ou non de père et mère Rom, arrivent en le recoin à pipi sauvage où est sis le container prévu pour recueillir habits et souliers encore utilisables. Que l’achetéite d’indécises amies gratifie régulièrement, amies qui, après trois retours d’un achat essayé très longuement au magasin, car ça ne plaît plus arrivées au domicile, n’osent plus y retourner, laissent traîner le vêtement quelques années et l’offrent au container dès que les sacs d’habits touchent le plafond de la cave) … ça ne vous dit pas quelque chose ? … Bref, ces mendiants munis d’une barre de fer introduisent à moitié le plus petit dans l’ouverture à bascule du container, et il saisit le contenu avec sa barre et les mains. Tout ce qui est possible est sorti, alors que son ou ses  acolytes effectue(nt) le tri.

 

Et c’est là que je jugeais un peu rapidement que c’était de leur part vraiment misérable : Que de laisser exprès tout à terre de ce qu’ils ne veulent pas ; ça m’énervait prodigieusement. J’ai suffisamment fréquenté de favelas et autres lieux particulièrement pauvres dans le monde, pour savoir que dans la véritable pauvreté, quand l’eau est disponible, rien n’empêche jamais d’être propre, d’avoir des habits, des aïeux sages à bons conseils, une dignité et une conduite présentables. Laisser volontairement des tas de dons d’habitants à disposition de l’urine humaine et canine et des intempéries me paraissait une infamie.

 

Puis j’ai compris, l’« entraide entre hiérarchie de démunis ». Il serait cruel pour les suivants de remettre les restes du butin dans la caisse à difficile accès. Le plus gros du boulot étant fait, autant faire preuve de générosité. Ce qui les honore, même si ça nous déplaît, et leur retire de qualificatif de misérables que je leur attribuais.

 

Ainsi, quelques heures après exposition au sol du « non-souhaité », a commencé le défilé. D’abord une grande femme filiforme, d’une maigreur effrayante, sur talons hauts, un bois à la main, qui tentais de retirer encore quelque rebut du container. Puis hier des enfants en haillons à nouveau, puis un couple avec poussette, une dame âgée, trois jeunes remuant le tas trempé par la pluie. Il y a peu j’entends des cris. Un jeune noir, le Xième dans la hiérarchie, hurle contre un habitant excédé qui a dû lui faire une remarque. Sans cesser de choisir les restes de restes de tissus qu’il pourrait monnayer, il crie à très juste titre finalement : « Mais, merde, quoi, foutez-moi la paix, allez baiser, regarder votre télé et LAISSEZ-MOI BOSSER ».

 

Embué pour la photo ; Pas l’objectif :

 IMG_0891.JPG

Ne laissons de place … ?

 

Ali GNIOMINY

Commentaires

Moui... le problème n'est pas simple, entre ce qui nous agace et notre sensibilité ou conscience.

Moi je suis agacée par tous ceux qui interpellent à chaque coin de rue et encore plus lorsque ce sont des enfants qui sont utilisés.

Mais je donne volontiers à tous ceux qui offrent quelque chose en échange, comme de la musique, même si elle est inaudible et qu'ils mangent des temps à chaque fin de mesure :-)

Je laisse à disposition des roms, ou de nos sdf bien suisses, parce qu'il y en a aussi ! en hauteur, dans des sacs bien fermés, tout ce qui pourrait être encore utilisable, à l'endroit où je sais qu'ils passent régulièrement.

Je réponds à tout junkie qui me demande de l'argent pour manger, alors que je sais très bien qu'il n'en fera rien, en lui proposant que nous allions ensemble lui acheter un repas, ce que généralement ils refusent.

Ou offrir des crayons, papier, peinture à un artiste peintre qui a tout dilapidé dans l'alcool parce que la créativité est sa survie et qu'il n'en a plus.

J'allais autrefois, ce que je ne peux plus faire, déposer anonymement des sacs de nourriture devant la porte de familles que je savais être dans l'embarras pour nourrir leurs enfants.

Il faut se fixer des règles, en fonction de ce que l'on peut faire, de son intuition, de sa conscience, mais ne pas tout gober non plus. Il y a de l'abus !

Écrit par : Jmemêledetout | 06/11/2013

Des réflexions et actes qui vous honorent, évidemment, bravo. Pour ma part, j'ai dû apprendre à leur faire généralement un petit sourire en haussant les épaules, pour dire que je ne peux pas donner, ce qui est souvent vrai. Mais j'ai déjà conté ici les mille et uns bienfaits que nous répandons au possible en Amérique du Sud, en nourriture ou habits également, directement aux nécessiteux, comblant un besoin véritable. Mais c'est une chose terrible, comme ça m'est arrivé parfois, de distribuer une cinquantaine de pains à une quantité supérieure d'enfants, de mères de familles et personnes très âgées qui vous implorent de leur en donner un. Tous les sourires et remerciements reçus n'effacent rien à la rage intérieure d'être confronté à pareil malaise mondial, qui pourra(it) être évité en destituant les salopards qui l'entretiennent.

Il n'empêche, et là il ne s'agit pas de Roms, que d'autres simili-pauvres chez nous, défoncés petits vendeurs de H. et autres poivrots de quartier deviennent de plus en plus désagréables. Et je ne suis vraiment pas seul à me plaindre de se faire aborder "amicalement" haut et fort à chaque sortie avec un traditionnel "t'as pas une clope?" ou "t'as pas juste un franc?" ... Surtout quand les jeunes clodos en question passent leur vie à boire des bières à l'entrée de votre immeuble. Je vous assure que je ne compte pas le nombre de fois où il faut se faufiler entre leur haie d'horreur pour tenter de composer discrètement le code d'entrée. Certes, ils ne font pas de mal ... juste un peut de "chenit", sont en contrée où l'on a en principe encore le droit d'être dehors, mais ... pourquoi cette dégradation MAINTENANT ... pourquoi durant des décennies il nous était possible de vivre sans méfiance ni peur aucune, sans mendiants à la porte et violence partout, et pourquoi ne pouvons-nous plus retrouver nos habitudes et fonctionnements passés, qui nous protégeaient de ce que nous subissons à présent? Quelle est la Cause de cette péjoration générale?
Vous assurant que je n'ai aucune action dans l'Aspirine, et sur ces quelques interrogations, je ferme tout à double tour, vérifie que mes lions de garde sont bien affamés, et vous souhaite également, bien Chère Jmemêledetout et vous toutes et tous, une agréable nuit.
Ne succombons pas ...
Ali GNIOMINY

Écrit par : Ali Gniominy | 06/11/2013

C'est vrai, je me souviens du temps, il y a fort longtemps, où une femme pouvait remonter seule la nuit à 4h00 du matin à pieds, de Plainpalais jusqu'à Thônex, dans la plus grande quiétude et sécurité, et où la porte de l'appartement n'était jamais fermée à clé.

La cause de cette péjoration ? Je dirais les milliers de causes multipliant les effets ainsi que les nouvelles causes. Mais le manque de vision holistique de la politique pourrait être la cause première que personne n'a vu venir, excepté peut-être un visionnaire, l'esbroufe du non essentiel ayant été savamment distillée pour raisons économiques atteintes de cécité et d'irresponsabilité.

Je n'ai pas droit à la haie d'honneur dans mon immeuble, mais lorsque je vois le gamin du dessous de 14 ans et demi être pété au cannabis du matin au soir, cela me rend fort triste en plus du fait que cela m'incommode fortement, ses volutes envahissant tout mon appartement qui est juste au dessus. Un gamin pourtant gentil, poli, au seuil de la vie ou de la mort ?

Écrit par : Jmemêledetout | 07/11/2013

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