24/05/2012

DE L'INCONVENANCE DU SUISSE IDIOT

... Yo, mecs et feumh (vouah ce trop mortel retro-verlan), yo, là vous n'allez méga pas vous marrer :

 

 

Taux inquiétant de suicides en Suisse, un tabou se fissure !

 

 

Admettons que l'on ait évolué, et se permette alors, en sa qualité d'authentique spécialiste du sujet, de contribuer à davantage de prévention, en se prononçant-ci ! Allons-y !

 

 

Ami(e)s à bout, avant de commettre l'irréparable ... Stop ! Au lieu de commettre le fatal geste : (Re)découvrez ce vital témoignage :

 

 

Né de mère à tendances dépressives et de jovial père hyperactif, locomotive de sept sociétés, haut placé dans l'horlogerie, je suis adulte depuis peu, alors qu'il est prévu que je redescende pour la seconde fois avec mes parents dans le Var, où je loue une ferme, bien qu'établi depuis six mois à Genève. Ils sont déjà venus en vacances dans « ma » campagne d'alors, l'année précédente, et nous nous réjouissons sincèrement de nous retrouver ainsi pour quelques temps, attendons impatiemment le jour du départ. Qui coïncidera avec celui de mes 22 ans, et à quelques heures près aux 52 ans de mon paternel. Qui doit se remettre du vol plâné contrôlé par-dessus le capot d'une mystérieuse auto lui ayant foncé délibérément dessus, et autres joyeusetés liées à ses importantes fonctions.

 

 

Mais, pour lui, tout va toujours très bien, nickel, ainsi que l'on dit en l'horlogerie et armurerie suisse. Le sinistre incident fera à coup sûr l'objet d'époustouflants calembours (les chiens ne font pas des chats, n'est-ce pas ?) en l'un de ses désolpilants discours, lors d'assemblées qu'il préside et divertit généralement.

 

 

Quinze jours avant ce grand départ en famille pour le Var (qui démontrera entre autre à mes parents que je tiens toujours sans problèmes depuis deux ans sans héroïne, dépendance dont je me suis débarrassée en Grèce, et me débrouille bien seul), ... je m'en vais pour une semaine avec mon meilleur ami en auto dans les montagnes des Grisons. Nous n'avons aucun moyen d'informations, juste un petit magnétophone à cassettes. Nous campons en pleine nature du 12 juillet 1978 au 14 au soir.

 

 

Sans raison explicable, l'ami avec qui j'ai sans doute le plus ri dans ma vie, toujours d'excellente humeur, change soudain d'attitude. Il doit partir à l'armée dans peu de temps, se met à trembler plus que la fricasse de haute montagne ne l'exige. Se sent mal et déprimé. Me transmet mille excuses, mais il faut écourter la semaine prévue et rentrer. D'autant plus que l'école de recrue l'éloignera déjà assez de celle qui travaille et qui deviendra son épouse. Il promet qu'il est apte à conduire toute la nuit. Je comprends, acquiesce et m'endors sur le siège « du mort ».

 

 

Réveil devant le domicile des parents, à 04h le 15 juillet 1978. Je franchis le palier sur la pointe des pieds. Ma mère accourt en pleurant et criant : « Ce n'est pas possible ! Vous avez entendu les appels radio ? Au moins tu es là, merci merci ... !»

 

 

« Mais ... Quels appels ? Pourquoi ? » ... « Comment, tu ne sais rien ? »

 

 

Mon père sera enterré quelques heures plus tard.

 

 

C'est absurde, totalement inattendu, incompréhensible, inimaginable. Les ballades dans l'arrière-pays provençal qu'il voulait cette fois-ci accomplir, l'auberge-hôtel de Gonfaron, où l'on mangeait si bien et où ils dormaient en toute quiétude, bien plus à l'aise qu'en « ma » ferme de jeune hippie enfumée ..

 

 

Il s'est suicidé dans le garage avec le CO2 de la voiture. A laissé un mot demandant que personne ne se sente responsable de sa décision, précisant qu'il ne veut pas de cérémonie religieuse, (volonté non respectée, protocole d'époque l'exigeant), qu'il souhaite que ses cendres soient dispersées dans les forêts et pâturages qu'il aimait tant  (volonté non respectée, protocole d'époque l'exigeant) ... Et qu'il a payé toutes les charges, même certaines à l'avance.

 

 

Je monte seul à la morgue, il n'est pas 07h et il fait déjà très chaud, le cercueil est fermé. Il n'y a pas eu d'autopsie. Je lui dis longuement adieu et me dirige vers l'église protestante, fermée à clé. Je descends à la catholique, ouverte. Puis retourne à domicile pour les préparatifs de l'enterrement. Ensuite ... Supplice du défilé interminable d'incrédules affligés nous serrant la main. Puis collation d'usage. Je quitte tôt l'assemblée.

 

 

Je dois comprendre ! Le garage m'attire irrésistiblement. Ce garage à présent sans voiture, dont je bouchais jadis l'aération pour insonorisation. Vu qu'y était entreposé mon antique harmonium, et en jouais parfois, improvisant de fort honorables concerts. Conduit d'aération que mon père, pour son funeste geste avait empli de vieux chiffons, retirés ensuite, sans doute par la police.

 

 

J'entre, m'y enferme, et passe tout ... durant des heures sur l'instrument.

 

 

Totalement épuisé, je finis par basculer la porte. Un tonnerre d'applaudissements m'accueille. Des dizaines de personnes, aux fenêtres, dans la rue ou la cour, les larmes aux yeux face à pareil hommage.

 

 

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Alors ? Une sacrée rigolade, un suicide-surprise, non ? Le plus marrant de tout c'est que généralement ça tue rapidement celui qui le commet, et lentement ensuite son entourage.

 

 

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Dans le mois qui suivit, ma mère excommuniée pour avoir épousé un protestant, découvrit non seulement qu'aucune assurance ne paierait quoi que ce soit, malgré des années de cotisations, puisqu'il s'agissait de suicide ... et elle reçut 750.- de taxe militaire à verser pour les 6 mois de vie dans l'année du défunt appointé, (et pompier volontaire durant 30 ans, ayant failli plusieurs fois laisser sa peau pour la patrie, comme lorsqu'il avait fallu aller ramasser les corps écrasés sous l'éboulement du glacier de Marmarck), ... 6 mois durant lesquels le suicidé avait « profité » de prétendue protection de l'armée ; ça il l'avait oublié ou l'ignorait, en effectuant ses paiements. Ou serait-ce justement apprenant cela qu'en résulta plus d'empressement encore à se flinguer ? En tous les cas, dès réception des insultes post-suicide, je réalisai que consacrerais mon existence à combattre les plus abjectes attitudes sociales en vigueur.

 

 

Maman suivit son mari six ans plus tard. Et son suicide s'appela cancer.

 

 

Ma grande sœur est parvenue à tenir les chocs sans abus ni coups de folie.

 

 

Et moi, j'ai alors commencé à mélanger alcool et médicaments, hallucinogènes, tout ... sauf, malgré tout, d'en avoir trop souffert, reprise de l'opium et ses dérivés en morphine ou héroïne, même autrement qu'en intraveineuse, ça non, mais alors le reste à fond, à l'extrême, poignées de mescaline entrant par les pores, temps d'extases véritables et siècles d'impressions horrifiantes à combattre en soi avec pour unique bouclier à la folie définitive, à l'accroc qui coincera dans le cerveau à jamais l'instant infernal dont il est vital de sortir : l'auto-suggestion, répétant, du violent Freak-out au relatif apaisement survenant après des heures : « Je contrôle, je suis en trip trop violent mais je contrôle, ça se termine, ça s'arrête maintenant, je contrôle .. » ...

 

 

... Et remercie encore l'Hôpital cantonal de Genève, pour m'avoir de justesse réanimé .. trois ? ... ou quatre fois ? ( Il faudra vraiment qu'un jour quelqu'un ait le courage et la patience de tenter de retrouver en les 491 articles de ce blog, des mêmes faits et souvenirs sur lesquels je reviens épisodiquement. Que je puisse constater l'état de ma mémoire au fil des ans, de ce que j'évacue, de ce qui resurgit, grâce aux petites différences de description de semblables évènements.

 

 

Disons, trois lavages d'estomac, dix minutes d'entretien, encore totalement dans les vappes, avec un psychiatre, et loin: Au-revoir monsieur : « On ne peut pas vous suivre en permanence pour vous protéger, ni affronter la vie à votre place, si vous voulez en finir vous y parviendrez de toute manière un jour, alors ici ou ailleurs, excusez-nous mais nous avons d'autres chats à fouetter ! »

 

 

Violent et sec, mais radical (sans jeu de mots, quoique..)! Je ne sais si, en trente ans, les techniques psychiatriques de découragement de l'acte suicidaire sont restées pareilles, mais je l'espère. Ce n'est pas qu'en réconfortant ... ou restant de marbre pleurnicheur face à un tel acte que l'on aide le désespéré. Il lui faut un électrochoc. Telle la dureté de l'indifférence feinte des médecins, qui lui permet de relativiser l'importance de sa vie, de l'examiner sous des aspects moins narcissiques et/ou égoïstes.

 

 

La dernière fois où je revins de justesse à la vie, après une forme de suicide que je nommerai : Acte manqué par absorbtion abusive de produits potentiellement mortels,  début 1985, je me réveillai attaché sur une chaise médicale, avec plein d'électrodes partout. Reprenant conscience à cause d'éclats de rire de médecins et infirmiers, alors que nous résonnait encore en les oreilles ce que l'inconscient venait de me faire hurler : « Espèces de trous du cul ! »

 

 

De très haut niveau, donc, l'humour d'alors, l'amère ironie qui me permit de faire rire même en pareilles circonstances. Et qui, qui sait ... déterminera peut-être la suite des défenses antidépressives que j'enseigne-ci de mon mieux.

 

 

En fait, après trente ans d'analyses, je sais à présent qu'il s'agissait surtout de tentamens d'appel, de besoin de reconnaissance (vous appréciez en me lisant régulièrement par milliers combien ce besoin n'a plus à me travailler ...) d'écoute et de répondant ...

 

 

... Et de manque de place adéquate, dans une société foncièrement intolérante face aux indéfinissables, dont le taux cervical de glutamate hésite à pencher vraiment plus d'un côté que de l'autre, dont les neurotransmetteurs cérébraux goûtent indifféremment aux deux genres hormonaux ... manque d'acceptation publique, par une majorité maintenue dans l'ignorance crasse, de modes différents d'être et de penser.

 

 

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Par conséquent, si quelqu'un en connaît un petit bout sur les âffres suicidaires de l'adolescent possiblement stigmatisé, puis du jeune défoncé, puis finalement de tout le monde à n'importe quel âge, en un mauvais jour ou l'autre de total ras-le-bol, si quelqu'un peut affirmer : « J'ai vaincu définitivement le suicide » (non assité, va de soi, sinon bien encadré en cas extrêmes, d'accord) ... si quelqu'un peut prétendre ce qui précède presque aussi formellement que: « Je ne touche plus de drogue dure depuis 36 ans, ni d'alcool depuis 14 ans et à jamais » ... vous devriez le connaître !

 

 

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Bref (si j'ose me permettre), c'est on ne peut plus ringard, le suicide, démodé, rikiki, obsolète, ... trop d'efforts pour accélérer l'extinction d'un seul individu. Alors que les nations suicidaires font ça beaucoup mieux pour des milliards de personnes !

 

 

Si l'idée vous en vient, un seul vaccin possible :

 

 

http://barondecuir.blog.tdg.ch

 

 

où vous trouverez (presque) toujours plein de trucs bigrement drôles. Allez savoir pourquoi. Ah oui, vous savez maintenant.

Sinon, pas de quoi vous flinguer, il y a aussi par ci par là quelques jolies photos offertes. Mais : Vivez ! Vivons à plein entrain, même en en ayant par moments plein les reins, et donnons vie à de sages messages et concepts point ineptes ou déments ! Résistez ! Résistons aux noires idées et coups de folie, et souvenons-nous toujours que la dureté des propos, autant qu'un sympathique éclat de rire tonitruant, de groupe de médecins, peut préfigurer le meilleur stimulant pour revenir à la vie ! Pour autant qu'inconsciemment auparavant vous fussiez fort grossier !

 

 

(En perds-je les temps ? Qu'importe : ) Pour tout dire (encore) : Découvrez combien la barrière entre rire et pleurs, entre joie et peine n'est que vue de l'esprit, faites en ci l'expérience.

 

 

Existe indescriptible émotion, d'une force extraordinaire, que nous allons approcher, qui ne survient qu'en de très rares occasions. Ainsi, pour exemple, lors qu'au fil de mes créations je découvre plaisante tournure à placer ... je la reçois comme tout un chacun de vous, n'en suis que le premier réceptacle. En ris généralement abondamment, suis sidéré que j'aie capté ça, où et comment en les méandres de mon intérieur, ai hâte de partager, faire bénéficier sans frais de ma trouvaille. Et ça fonctionne, je ne compte le nombre de connaissances m'affirmant que lorsqu'ils n'ont pas trop le moral ... (excepté aujourd'hui) ils survolent quelques unes de mes pages et tout va soudain bien mieux. J'étais d'ailleurs connu de loin, à l'époque, pour aider à redescendre de terribles flips, pour accueillir systématiquement en mon local de musique (pas le garage) ceux en mauvais voyage, qu'il s'agissait de calmer lorsque l'on n'y parvenait plus, ou de les amener à l'hosto, mais ce n'est jamais arrivé. Des dizaines d'ami(e)s ou d'ami(e)s d'ami(e)s, revenaient sur terre en moins de 20 mn. Je donnais de l'eau, mettais gentiment l'halluciné(e) en position du fœtus et l'amenais vers d'inoubliables formes de paradis intérieurs, l'entraînais par mes sons, mes peintures, ma voix grave mais paisible et rassurante, mes descriptions poétiques d'endroits et faits idylliques, l'entraînais doucement vers le mieux-être et le rire, la légèreté et le parfait contrôle des phases psychotropes, lui tendais un joint léger, le cannabis étant un calmant impressionnant, un équilibreur lors de terreurs aux acides violents bourrés d'amphétamines, à griffes et dents acérées ; Où les habituelles mouvantes, mordorées, délicates formes ambiantes se transforment en démons et en monstres; Puis je conduisais la personne traditionnellement vers une sieste réparatrice de deux heures, un réveil sympathique au jus d'orange .. et des remerciements à n'en plus finir. Certains ayant vécu cela peuvent toujours en témoigner, il est des services vitaux qui ne s'oublient de sitôt.

 

 

 

Existe indescriptible émotion, d'une force extraordinaire, que nous allons approcher, qui ne survient qu'en de très rares occasions, disais-je plus haut.

 

 

L'autre jour, je trouve ici en direct une tournure me flanquant magistrale baffe. Ce sentiment incroyable de parfaite proportion de joie et de tristesse intenses, qui fait couler les larmes alors que l'intérieur ne sait s'il convient que ce soit de rire ou du contraire. Souvenez-vous : le décès du chat obèse « Meow » à qui je lance : « Adieu Meow, et ne fous pas d'allergie à ma mère ! »

 

 

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Véritablement: À rien ne sert de succomber au noir désespoir, alors qu'existent conjointement tant de blanches revanches à prendre sur le bonheur !

 

 

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Fin de cette seconde phase du Traité de Blogiâtrie expérimentale du Sieur, bas rond-de-cuir, Ali Gniominy, Roi-Député du Parti Railleur d'Extrême-Centre. Dont vous n'avez pas encore fini de ne pas entendre parler !

 

 

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Bon ! En y réfléchissant bien, je ne vois pas pourquoi je persisterais en ce sens, tant que la Maison Kleenex ne m'aura pas envoyé ce chèque ... !

 

 

Youpie ! Vive la Vie ! C'est le printemps et l'on s'amuse, ne prend rien au sérieux, tout comme en Italie où l'humoriste Beppe Grillo gagne quatre mairies, dont celle de Parme. Alors que la filière du jambon vient d'être durement touchée par le séisme.

 

 

Il doit bien y avoir un peu de lard à tirer là-dedans! Non ? Rabattons-nous alors sur du plus sucré :

 

 

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La moitié des abeilles suisses sont mortes cet hiver !

 

 

Magnifique ! Je garde mes deux pots de miel encore durant vingt ans et encaisse une fortune pour leur vente !

 

 

D'autant plus qu'après 20 ans sans pollinisation l'acheteur mangera même les bocaux !

 

 

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Déplacement d'un bâtiment de 6'200 tonnes à Oerlikon !

 

 

La technique ayant fait ses preuves, Genève s'y intéresse !

 

 

Enfin un peu de bon sens ! L'idée vieillotte de traversée de la Rade étant une fois encore bientôt abandonnée :

 

Les bâtiments de la Rive Droite seront déplacés sur la Rive Gauche !

 

 

Ali GNIOMINY

 

 

(Alors, une préférence ? Le début, le milieu ou la fin ? Qu'est-ce qui vous fait le plus de bien ?)

 

 

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