QU’EN TIQUENT SUISSES

Sous nos ponts quand les souillons

annoncent à bruyantes bouteilles,

sans radis, d’un plus sot jour les débours,

les faussetés de l’appât tri

parlent à l’âne si contrit

 

Au fiel, honte, plus pouilleux

les accents de rancœur, vieux,

les accents déçus de chœur ennuyeux.

 

Sous nos ponts quand ça balaie

que ne s’annonce, braillant, la paie,

et qu’Heidi, d’un plus faux jour, n’a plus d’atours

….

………

 

C’est bon, c’est bon, je n’en rajouterai plus, mais il faut bien que quelqu'un s'y mette. L’on nous bassinait jadis qu’il convenait de changer les paroles d’un hymne national rachitique; Puis, comme pour tout le reste .. plus rien. Toujours la même vieillerie. Pas de nouvelles bonnes poubelles?

 

Il est vrai que la Suisse manque singulièrement de paroliers, et lorsque son rauraque de canton, dit le plus moderne, en déniche un, c’est évidemment l’éternel guignol Bel Hubert, qui compose la singerie d’hymne principal animant une coûteuse expo02, à la gloire surtout du couteau Wenger, tranchant dans les réserves publiques.

 

Il me souvient, à ce sujet, d’un formidable poème-hymne au Jura, séduisant ensemble d’un panel de connaisseurs, que j’offris pour la circonstance. Jean-François Roth m’en remercia chaleureusement, s’excusant presque du douteux choix opéré, refusa l’œuvre et m’offrit pour la peine : Une entrée à Expo02.

 

Qu’est-ce qu’être Suisse? Demandait hier la coutume. C’est être l’un des seuls, écoeurés, à ne pas avoir foutu les pieds dans cette Expo02, tout en ayant conservé la politesse de ne point prier l’expéditeur de se caler son billet entre deux chaises.

 

C’est être issu d’aïeux on ne peut plus bernois et jurassiens, jusqu’à burn-out de Mormons, d’abord blond puis châtain-clair, yeux variant du bleu-clair au vert-clair, peau claire, et foncer, foncer selon ses propres convictions, vers plus limpide connaissance de soi, soit d’autrui; Même et surtout si ça dérange décadents us et coutumes en vigueur: refuser l’abêtissement imposé, rester soi-même et ne croire avant tout qu’en soi-même.

 

C’est être plus exclu que la plupart des réfugiés, plus trahi, renié, plus ruiné, plus trompé par les siens qu’il n’est permis de l’être. Gardant pourtant espoir, contenance et vigueur. C’est aussi cela être vraiment Suisse et oser l’affirmer.

 

Et passer le plus clair de son temps à fouiller dans des montagnes de documents, dans le but de retrouver et publier-ci le cantique jurassien en question.

 

Patience, dans les semaines à venir j’aurai sans doute réussi à gravir la face nord de l’arborescence informatique des disques extérieurs, ou des classeurs de poèmes du début de ce millénaire.

 

 

Ali GNIOMINY

Commentaires

  • Plus exclu que la plupart des réfugiés, plus trahi, renié, plus ruiné, plus trompé par les siens qu’il n’est permis de l'être, disais-je hier. Mais que l'on ne se méprenne: "Les siens" ne signifie aucunement famille et ami(e)s à qui je n'ai vraiment rien à reprocher.

    Et pour le reste tous "les miens" compatriotes ne me nuisent pas nécessairement, seulement ceux dont les coupables intérêts fructifient odieusement et encore impunément au détriment des miens. Les responsables et participants de l'omerta en vigueur, d'ores et déjà et surtout prochainement à juste titre inquiétés.

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