SAINT DIKA, LE PLUS FIGÉ DES SAINTS DE GLACE

« Si t’arrives pas à obtenir justice autrement il faut te lancer dans la politique » me fit jadis une brave syndicaliste, en photo dans la Tribune du jour. J’avais confié l’Affaire aux bons services de ce syndicat, et le priai, au vu d’une flagrante injustice me privant de moyens, d’encaisser mes cotisations en déduction de la récupération des sommes détournées à mon détriment par mon employeur.

Rien ne fut fait. D’un côté comme de l’autre. Des années plus tard, je retournai audit syndicat pour m’informer sur quelque abus subi. Il me fut d’emblée signifié que je restais devoir quelques milliers de francs de cotisations impayées, si je souhaitais être renseigné. Ai donc remercié ces défenseurs du bas peuple, et suis heureux de constater qu’il n’en existe aucun, pas plus que des magistrats, avocats, responsables de la protection de la personnalité, parmi mes milliers de lecteurs réguliers. Sinon, serait-il possible que rien ne se passe et que persistent pareilles aberrations?

Pour « succinct » rappel : Sur dénonciation de ma part à la brigade financière, celle-ci fit une descente dans le secteur comptable de mon intouchable employeur, dans les années 90. Jamais ne sûmes quel fut le résultat de cette perquisition, qui me valût fort discutable blâme. Je fus transféré contre mon gré dans un autre Service, repris en mains en gants de fer par l’ex-directeur des Finances, étrangement muté en un poste bien moins prestigieux que le précédent. Déchu polichinelle de doré placard qui me fit dûment payer mon audace passée. Me jurant, en compagnie d’un Directeur DRH de passage dans le carrousel de ce poste, que jamais je ne progresserais d’une manière ou d’une autre dans la fonction minable qui m’est jetée, ni ne retrouverais de place en dehors ou à l’intérieur de l’Etat de Genève.

Ceci entre autres exactions. M’obligeant sur le plan privé à ne faire appel, le cas échéant, qu’aux services de l’employeur, m’interdisant formellement, sous peine de sanctions, de m’adresser à la concurrence. Ou me signifiant, un mois avant un voyage annoncé par écrit depuis un an et payé, le refus de m’accorder les vacances auxquelles j’ai droit. Refus arbitraire totalement injustifié par les besoins du Service, témoins à l’appui, m’obligeant à prendre un mois de congé sans salaire, qui diminue chaque année ma prime de fidélité de 5%. De toute manière férocement saisie à vie au profit des copains costumés fréquentant le même clan que l’ex-indélicat en question, dont le départ appuyé à la retraite anticipée fut un vif soulagement pour quelques dizaines de ses victimes.

Il n’empêche qu’il y aura, dans quelques jours (+ 1 mois dû à pathétique vengeance de directeur destitué) : 24 ans que je fournis du bon boulot au même salaire de base (avec lamentable progression légale, si souvent gelée,) poste très inférieur à mes titres et compétences reconnus, au service d’une Direction méprisante et préjudiciable à mon honneur et ma santé.

Voici que je suis appelé à accomplir « provisoirement » (on connaît le légendaire sens du provisoire genevois) des travaux, non stipulés dans mon imprécis cahier des charges, gestes que je donnais à faire durant des années à un groupe personnes mentalement handicapées !

La dignité à des limites qui ne sauraient trop être dépassées. Cette atteinte supplémentaire à mon intégrité est à porter au dossier final d’accusation.

Et voilà qu’il me faudrait, une fois de plus, noircir quelques chéquiers pour avisés conseils syndicaux .. ou disposer de commentaires bien renseignés sur les lois du travail, à savoir : dans quelle mesure il est permis de diffamer l’employé en lui confiant des tâches ingrates en lieu et place d’augmentations éternellement promises.

Mais à quoi bon parler de ceci ? Personne n’aura lu si loin dans le texte, c’est si chiant un poète humoriste qui fait chialer par trop de sérieuses vérités. C’est si con un talent bafoué, empêché de s’exprimer par surcroît d’injustices flagrantes bénéficiant d’impunité, monopolisant et ruinant sa condition de vie. Le peuple réclame des Jeux ! Des maux se fout !

Unique consolation me restant : J’ai au moins un fidèle lecteur, adaptant presque textuellement à la Suisse ce que j’ai souvent dénoncé de la part de Genève : Le grand Mouah Mouah du désert, affirme que « La Suisse tue par milliers ses ressortissants pour s’approprier leurs biens ». Merci Mouah Mouah, je me sens vachement soutenu, ça rassure. D’ici peu Max Göldi refusera de prendre le risque de revenir en Suisse.

Bien profondément

Ali GNIOMINY

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