FINN ALITÉ = NATALITÉ

L’ours Finn devient papa d’Urs et de Berna.

Considérant la forme physique retrouvée par Finn, et en hommage à la nourriture qui l’a si bien remis sur griffes, il serait plus seyant de nommer les oursons Pro et Infirmis.

Désolé, ça ne pouvait que m’échapper. C’est d’un goût ! Presque aussi fin que l’ « humour » des nouveaux fascistes italiens, appelant sur « Faces-de-boucs » à prendre pour cible les trisomiques.

Dommage que ces tarés xénophobes n’aient eu, en leur enfance, l’expérience de certaines conséquences du racisme, même non réfléchi, qui fut la mienne. Certainement qu’ils auraient, comme moi, appris la tolérance et l’empathie à l’égard de l’ensemble du genre humain sans distinction. Ou presque …

1963 – L’ « envahisseur » d’alors, venant voler le pain de l’Helvète, est Italien. Convié en masse par nos autorités, en le but d’achever, à prix ridicule, les plus vils travaux civils. La vague succède à celle des Hongrois des années 50, ces pré-sarkozistes forcenés, ayant presque à main nue remblayé tout le fond de la plaine du Rhône, rendu habitable la région du lac jusqu’à Monthey.

Du haut de mes sept ans, je capte ci et là les paroles nouvelles, et surtout les insultes, comme chaque gamin. Précoce en jeux forestiers, l’environnement s’y prêtant, je côtoie des enfants de tous âges, m’imprègne de leur langage. Un terme surtout est tabou, j’en suis dûment prévenu. À n’employer qu’à mes risques et périls.

Par une torride après-midi d’été, sur les hauts de Bosco Val Travaglia, village on ne peut plus pittoresque du nord de l’Italie, vêtus de nos plus beaux nœuds papillon et étriqués ensembles à culotte courte, mes deux cousins italiens et moi-même, d’un âge quasi équivalent, nous amusons autour de la fontaine du village, sous les yeux de mon oncle.

Le ton monte entre chamailleurs, nous commençons à nous mouiller. Horreur, les mères de retour vont arracher les cheveux du tonton. Qui crie d’arrêter et s’apprête à mon grand soulagement à chopper ses deux mioches par les oreilles.

C’est alors que, rageant sous la douleur d’un coup de poing du cousin, je lâche le fatal : - Espèce de sale Tchink ! –

Une tornade s’abat sur moi, je ramasse une rafale de baffes qui n’en finit plus. Et le grand vide, ne me souviens de plus rien. Sinon qu’il y a des sentiments, plutôt que de simples mots, à ne jamais laisser passer en soi. Conscience d’une juste exagérée correction. Qui, malheureusement jettera un froid passager entre les parents. Un gosse de sept ans doit avoir entendu ça à la maison. Faux. Et d’autre part : Un oncle n’a pas le droit de fracasser ainsi son neveu. Vrai? En tous cas ça soigne efficacement du racisme naissant.

Mais revenons finalement, lentement, à nos lourdauds Bernois: Même si partie du gag m’a été chipée sous le nez par un plus rapide dessinateur de gratuits : ça arrive, généralement c’est le contraire, c’est de bonne guerre .. :

Afin de fêter l’heureux évènement de ces naissances, espérons que les gardiens de la fosse auront au moins l’idée de projeter à la petite famille le film – Miel- ayant obtenu l’Ours d’Or de Berlin.

Ali GNIOMINY

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