LAUSANNE METTRA 1 AN ET 320 JOURS DE PLUS QUE STAUFFER A ELIMINER LES DEALERS

Lausanne (vous savez, ce petit coin de banlieue au bord du lac de Genève) s’est fixée l’objectif de se débarrasser des dealers en deux ans. A Genève, Eric Stauffer propose de le faire en 45 jours.

Sûr que si Lausanne dispose aussi de son sondage baffomètre, dans le LHI, le Lausânes Home Informations, Monsieur Marc Villeumier, en charge du projet de dédealerisation « Celtus plus », récoltera bientôt plus de baffes que ledit Stauffer à Genève, en tête de claque de liste, suivi de près par François Longchamps, pour sa discutable sinon détestable politique sociale et malingre lutte contre la drogue.

Evidemment, (pour ne parler que de drogue mineure, qui sera à grands frais également pourchassée et sanctionnée) puisque les USA autorisent enfin l’usage médical du cannabis, nous pouvons compter cinq ans pour que le système suisse imite enfin la bonne idée: contrôler, épurer, taxer les produits vendus en pharmacie sur ordonnance médicale; ça n’éradiquera pas le trafic mais l’asséchera en grande partie.

La prohibition de l’alcool en Amérique fut l’un des pires fiascos de l’Histoire. Plus la répression est forte plus les dealers s’arment et mobilisent. La drogue est aussi vieille que l’humanité (dixit Jean-Marie Pelt – Drogues et plantes magiques - ) il y aura toujours de l’offre et de la demande, autant canaliser intelligemment ce marché plutôt que de le laisser en mains de deux mafias y gagnant, celle du trafic et celle de sa répression.

Messieurs Villeumier et Stauffer sont en train de préparer le terrain pour des guérillas genre Rio ou Cali en Suisse, et le bon peuple ignorant applaudit.

L’interdiction faite à une personne de consommer ou vendre ce qu’il veut, de se suicider, … est un concept très subjectif et arbitraire. Qui a cours ou non selon l’époque et l’endroit.

Certes, il convient de protéger la jeunesse et le troisième âge surtout, contre les distributeurs officiels ou non de produits modificateurs d’états de conscience. Pour y parvenir, pour apporter une solution réellement adéquate, il est indispensable en premier lieu de faire taire et reculer dans leurs plans destructeurs certains dangereux théoriciens, aussi bien informés sur le monde des drogues qu’un français moyen sur la recette sacrée du pain-coco à l’étouffée sous terre de Huahiné.

Qu’ils laissent le très rentable créneau de la chasse à ce fléau en mains de spécialistes ayant, il y a plusieurs décennies, vécu au fin fond de leur chair l’horreur répétée du manque d’héroïne, qui en sont totalement sorti .. grandis, qui connaissent les besoins et défauts des dealers et consommateurs, ce qu’il suffit souvent de leur présenter pour qu’ils évoluent et excluent les pires habitudes. En commençant par quitter d’eux-mêmes définitivement les lieux où ils ont consommé, connu d’autres toxicomanes ou vendeurs. Et prendre goût à d’autres manies plus anodines.

Seulement voilà, on est au bord du Léman, pas loin de la source mondiale du crétinisme, le 28.10.2006 fut adressée à M. Longchamps et la plupart des Conseillers d’Etat genevois une interpellation et offre de services en matière de lutte contre la drogue. Offre comme de coutume méprisée, en souffrance.

Unissez vos task-force vaudoises et genevoises, oui, et débarrassez-nous, en la moitié du temps séparant votre promesse à l’un et à l’autre, des dealers de concepts déplacés, fainéants décideurs et vendeurs de coûteux vent.


Ali GNIOMINY

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