LA GUERRE D’ÉTROITS A BIEN EU LIEU

Étroits, les espaces entre les droits de chacun; étroits aussi les principes de paltoquets anti-troquets, ayant condamné ces derniers à la désertification, par vote ne concernant certainement aucunement ces électeurs mauvais vivants, qui ne passent en ville qu’en coup de vent.

 

Étroits, les verts vallons de mon enfance, qui me suggèrent coïncidence:

 

Y prospèrent, reclus, rustiques cultivateurs, que nul jamais ne côtoie au bistrot ou au cinéma, au cirque ou au musée, à la bibliothèque, piscine ou patinoire, … fantômes citoyens assurés contre tous risques de chute par la berne largement tendue à leur exclusive intention.

 

À l’opposé, d’alertes joviaux rauraques font vivre la cité, ses commerces, animations, bien moins fortunés que les premiers ils dépensent, eux. Mais dès qu’ils obtiennent que l’on vote pour une activité, une nouveauté, une amélioration sociale, la préservation d’un cinéma ou d’un café: Peine perdue! Sortie de nulle part, une large majorité de zombies électeurs fera capoter le projet.

 

Par chance, dans le rang des bravaches retirés en leurs fermes il y a passablement d’alcooliques, fabriquant eux-mêmes leur drogue ou l’achetant par hectolitres en grandes surfaces de Suisse alémanique, voire en Allemagne, et l’alcool appelant le tabac et réciproque, ces gros fumeurs, de cigare ou de pipe surtout, paient pour l’étroitesse d’esprit motivant leur vote en se détruisant aussi, avec leur entourage, lors de perpétuelles animées partie de jass très enfumées, échappant à toutes lois.

 

Étroits, les motifs ayant poussé un peuple à se déchirer pour de la fumée, alors que la coutume mieux répandue d’un simple exemple de savoir-vivre aurait permis d’éviter d’en arriver à l’imbécile répression en vigueur. Il suffisait d’enclencher l’habitude pour les restaurateurs de demander aux fumeurs de quel droit ils se permettent de faire courir des risques à autrui, s’ils aimeraient qu’une personne outrageusement parfumée fasse brûler des encens à côté d’eux, etc … et les habitudes se seraient sûrement installées au cas par cas sans trop de heurts. Question d’éducation et d’empathie aussi. Quarante ans que je fume, mais je n’en ai jamais allumée une dans un lieu fermé, depuis au moins vingt ans, depuis qu’on a commencé à nous sensibiliser à de possibles risques causés par la fumée passive. Vingt ans à étonner des restaurateurs se demandant pourquoi je sors fumer sur le trottoir après un repas, me voyant tel un hurluberlu moraliste avant l’heure. Étroit le cerveau de qui incommode son voisin, étroit aussi le décret incluant casinos, dancings et points PMU. Vaste la perspective d’établissements exclusivement fumeurs et autres sans fumée.

 

 

Ali GNIOMINY

Les commentaires sont fermés.