09/10/2009

PRESQUE TOUT SUR TROIS FOIS RIEN

… Soit : le contenu de ce qui devra bientôt s’appeler « 2 minutes », le temps qu’il faut pour « s’informer » gratuitement.

 

Mais, petite anecdote concernant le titre du jour, avant de commencer, si vous le permettez.

 

Jadis, bien après que nous ayons fumé des joints en 1983, avec la quasi-totalité des passagers de l’avion reliant Casablanca et Rio, sans parler du véritable baisodrome que préfigurait ce vol, bourré en grande majorité de bruyants travestis, dont le voisinage n’était supportable que grâce au bon shit qu’ils partageaient pour ne plus en avoir en arrivant au Brésil, … mais bien avant que toute fumée et sucettes ne soient sévèrement bannies, à très juste titre, de ces appareils, lors d’un autre parmi les dizaines de vols long-courrier m’ayant transporté .. d’effroi ou de joie … en 1995, alors que l’interdiction de fumer était encore toute fraîche et les amendes seulement envisagées ou pas encore formellement infligées: Un passager vêtu comme un prince va aux toilettes et y demeure un bon moment. Tout le monde commence à renifler et râler, une abominable odeur de clope envahit la cabine. Il a dû en griller un paquet d’un coup. Et ressort « discrètement » comme si de rien n’était.

 

Celui qui, ce jour-là, est l’attitré dont l’avant-bras me pique à coup sûr l’appui sur le séparateur des sièges, se met à insulter l’élégant imprudent vicié. Qui, conservant un flegme olympien, dicté par l’obligation de surmonter la honte de sa vie, sourit à l’utile moralisateur, s’excuse brièvement et, conseillant à l’énervé de se méfier pour sa santé des méfaits de l’impulsivité, lui offre gentiment le livre qu’il a en mains.

 

Mon voisin, rageant de se sentir tout bête à son tour, refuse le livre, jette un coup d’œil distrait sur le titre, et me le lance presque sur les jambes. –Tenez, je ne veux pas de cadeau d’un égoïste mettant en danger la vie d’une centaine de personnes -.

 

Il n’a pas tort. Je ne dis rien, glisse le bouquin dans la poche du siège, comme si je n’y accordais aucune importance. Les évènements passés, dévoré de curiosité, je craque, découvre et « avale goulûment » durant le reste du voyage : « Presque rien sur presque tout » de Jean d’Ormesson.

 

Souvenirs, souvenirs, et galaxies d’anecdotes en suspens faute de temps … Oui ! Bon ! Donc :

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À quand le concours indien de jeter de bébés dans les w-c de train? il y en a déjà eu deux ! … Franchement, inscrivez les au Guinness Book, tous deux lauréats impossible à départager, il me semble que c’est 1'000'000 de dollars par record, non? Qui ne tente n’obtient.

 

Accoucher dans un train dénote évidente précarité. Les vibrations, certes, peuvent précipiter les contractions même pour la plus nantie des voyageuses, mais j’espère simplement que vous ne soyez, mesdames, du genre de cette brésilienne qui accoucha pour la cinquième fois dans la rue et, interrogée par ses sauveteurs, avouait ne plus se souvenir du nom donné aux quatre premiers. Train-train de mesures à prendre à cet égard! Mais Sainte jeunesse hitlérienne repentie s’oppose toujours au préservatif et à l’avortement, que faire? Agrandir les lunettes de w-c de trains? Ah non, deux miraculés risqueraient d’y perdre leur million. Problème insoluble.

 

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Or donc : CHF-160'000.- de dépenses idiotes pour tuer un loup !?

 

Chers petits chaperons rouge, ignorez toute votre vie la légende qui prétend que, même si ce n’est que CHF-400.- par mouton croqué, sachant que les assurances ne paient pas si le prédateur est un chien de fermier, … ça met du beurre dans le mouton aux épinards.-

 

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Et à Zurich: Une aigrefine est prise par la police à l’intérieur d’une église!

 

La seule et unique véritable protection que pouvait accorder l’Eglise aux humains a volé comme elle en éclats, sous le barbare règne sévissant actuellement. Au fait, qu’en est-il pour les autres civilisations? Un temple bouddhiste ou une mosquée sont-ils un abri où en principe (respecté ou non?) la police ne peut procéder à une arrestation? Je ne sais plus, mais ça ne m’étonnerait pas que si tel était le cas, certaines communautés de croyants s’élèveraient vigoureusement contre pareil abus d’autorité; Ici non, semble-t-il, juste un entrefilet sans plus d’indignation. A peine un petit soulèvement de lunettes provoqué, et le croyant persiste à compter ses moutons.

 

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A ce stade de l’histoire vous n’y devez plus rien comprendre : Ali Gniominy l’abominable athée se met à défendre l’Eglise? Oh, d’innombrables surprises vous attendent, témoignages de dizaines de personnes m’ayant vu cette année célébrer parfaitement prières, chants et rites catholiques, avec telle profondeur et conviction que tous en avions à maintes reprises la chair de poule. L’assemblée découvrit alors l’exceptionnelle voix de ténor ou baryton dont j’ai, en plus, la chance de bénéficier, que je n’ai jamais vraiment entraînée.

 

Et fut révélée, pour la première fois, à nombre de personnes la profondeur du respect qu’est capable de transmettre un ex-protestant, ayant pourtant depuis des lustres donné sa démission écrite à l’industrie réformée, ni meilleure ni pire que toutes les autres religions. Qui sait, qui peut dire si d’ici à beaucoup beaucoup de décennies, quand approchera possible interruption d’une vie très très très allongée, en bonne forme par les nouvelles techniques liées aux cellules pluripotentes, chromosomées à souhait en leur base-souche et doux terreau pour la repoussée des télomères, qui sait si, las d’immortalité existant de tous temps en tout humain, engendrant si souvent eugénisme et distorsions éthiques, effondrement des croyances en subtile Supériorité, tri de qui peut ou non rester en vie, qui sait si je ne vais alors m’excuser auprès de la Divine Possibilité.

 

Emphase emphase, quand tu nous tient. Et puis, seuls les imbéciles sales ne se changent pas. Mais j’en suis donc encore bien loin.

 

C’est pas tout, ça, j’ai mes lessives et un sujet brûlant d’actualité à pondre pour votre omelette du week-end, petits veinards que vous êtes, si j’y parviens, mais à chaque mot ajouté ici … j’en doute de plus en plus, plutôt pour lundi? Vais momentanément vous laisser, mais j’aimerais juste encore remercier un passant fort sympathique et de très bon conseil, qui, même s’il n’était que le seul amateur de mes témoignages, m’encourage très efficacement à retenir un brin ce que je nommerai mes ciclées épistolaires. Crises de piques en vrac qui, larguées avec l’art du Parti Railleur, pourraient parfois y aller trop fort; Un passant et les autres qui se reconnaîtront, qui m’ont permis de considérer ce support comme une bonne base actuelle pour la plupart de mes productions quotidiennes. Ne m’en veuillez pas trop si je heurte ou froisse parfois vos convictions à vous aussi, il m’arrive même d’accorder pareil traitement aux miennes.

 

Ne le répétez pas, mais, psychanalytiquement parlant, les formules-baffes que je balance indifféremment de tous côtés doivent provenir d’un lointain traumatisme des années 80, lors que j’étais rédacteur du journal de colossale entreprise publique fort prude. A la table des sommités, il me fut reproché par pincée inspectrice des travaux pensés d’être mièvre! Le comble du maximum de l’insulte pour un rauraque de mon genre.

 

Même si, effectivement, ayant dû tellement édulcorer l’article sous strictes directives … il reste d’un mièvre, mais d’un mièvre; J’y disais, je ne sais plus pourquoi, que le mendiant comme le président, nus comme vers, … Horreur! Crime de lèse-élitisme! Inutile de connaître le reste du reportage. En gros, si j’écrivais -la robe bleue de la dame- l’immédiate réaction était : -Ah, non ! Nous aurons toutes les dames à robe non bleue sur le dos!

 

Peu après, eut lieu la dissolution surprise de la rédaction entière. Nous fûmes chaudement remerciés pour les bons services, l’on nous promit de ne manquer de nous contacter prochainement, … et fut engagée dans le privé une succession de spécialistes en communication pour nous remplacer en douceur. Il faut dire qu’il s’en passait, et qu’on en savait trop … des choses … durant ces merveilleuses séances de rédaction. Jamais ne fûmes rappelés, et jamais n’insistai; à peine s’il m’arrive encore parfois, dans les couloirs, de plaisanter à ce sujet en croisant l’une ou l’autre des sommités en leur domaine que je côtoyais en cette rédaction. Confrère qui s’étonne à peine, du peu de bruit que fait l’infamie que représente ma condition très défavorisée au sein de l’Entreprise, et qui me rappelle que j’aurais de quoi écrire de ces brûlots, mais de ces brûlots, … contre ces fumiers …

 

Je souris, en bon Klark Kent II je ne parle jamais de ma vie ni du fond de mes conceptions au boulot, et je pense à ce bon mot entendu chez les dicodeurs:- Il n’y a pas de fumée sans feu. A l’exception de celle du fumier. -

 

Ça y est, vous m’avez mis en retard, et après certains diront encore que je suis retardé, et omettront d’ajouter l’indispensable: comme tous les génies. Vous voyez combien tout est injuste et de votre faute?

 

Très cordialement envers et contre tout malgré tout toujours

 

Votre dévoué

 

 

Ali GNIOMINY

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